Après "Lucy" et "Valérian", le 18e film de Luc Besson n'a pas du tout convaincu les critiques du "Masque & la Plume" qui estiment tour à tour qu'il s'agit "d'un remake du film Nikita", "d'un film prévisible", "d'un manque de réalisme", "d'un ramassis de fantasmes"...

Sasha Luss alias "Anna"
Sasha Luss alias "Anna" © © STUDIOCANAL / Shanna Besson

Le film présenté par Jérôme Garcin 

Avec Sasha Luss, Helen Mirren, Luke Evans.

Anna a 24 ans, elle vend des poupées russes sur le marché de Moscou. Elle est elle-même une matriochka, puisqu’elle est aussi top model, à Paris, tueuse à Milan, agent double partout, lesbienne et hétérosexuelle. 

Pour Xavier Leherpeur, "rien ne fonctionne, tout est faux..."

"Les deux heures, on les sent passer... C'est triste de voir un metteur en scène, que je n'aime pas forcément mais qui représente une partie de l'histoire du récent cinéma français, refaire dans le désespoir et l'affolement général (il vient de perdre Europa Corp) Nikita... 

Il pensait se refaire avec ce remake de Nikita

Tout le monde va reconnaître le postulat, le personnage principal et des scènes entières. La grande différence, pour laquelle j'ai une certaine gourmandise voire une petite tolérance, c'est qu'à la place de Jeanne Moreau il a mis Helen Mirren en Marguerite Duras. 

Intervenir régulièrement dans un film d'espionnage russe où tout le monde parle anglais, cela me fait mourir de rire. Le scénario est une poupée russe, avec les nombreux retours dans le temps... C'est censé être au lendemain de la chute du mur en 1989, et on se retrouve avec des scènes de poursuite dans le Moscou des années 1990' avec un Starbucks dans une scène... 

Rien ne fonctionne, tout est faux avec des anachronismes qui sont extraordinaires, et les clichés se ramassent à la pelle... On passe son temps à passer en revue des effets qui ne devraient pas figurer sur l'écran". 

De l'avis de Nicolas Schaller, "tout est prévisible, tout est surligné"

"Je trouve cela catastrophique, mais je suis très admiratif de Luc Besson pour avoir montré le film à la presse car c'est soit de l’inconscience, soit un courage, ou vraiment un désespoir total... 

Il se veut moderne avec ce concept de poupée russe traduit par ces flash-back incessants, mais tout est prévisible, tout est surligné. Et je pense qu'il croit vraiment avoir fait un polar féministe... J'ai vraiment découvert que la filiation de Luc Besson c'est Gérard de Villiers : j'ai l’impression de voir un SAS sans les scènes érotiques". 

 Sasha Luss alias "Anna"
Sasha Luss alias "Anna" / © STUDIOCANAL / Shanna Besson

Pour Pierre Murat, "C'est nul mais on s'amuse bien"

"Je n'ai vraiment pas reconnu la Russie... 

Chercher le réalisme dans cette chose est absolument inutile

C'est un truc, c'est un produit d'espionnage... Je n'aime pas du tout Luc Besson, j'ai trouvé ses films récents atroces : Valerian, Lucy... Le drame avec Luc Besson c'est qu'il veut un peu penser. Or là ce qui me plait c'est qu'il ne pense pas du tout... C'est nul mais on s'amuse bien".

Sophie Avon y a vu "un pur produit international" 

"Moi, je ne m’attentais à rien car je trouve que c'est un piètre réalisateur, je n'ai jamais aimé ses films. 

C'est un pur produit international, formaté pour marcher avec une succession de stéréotypes

Tout est faux, avec une fausse histoire d'amour, une fausse histoire d'espionnage, un ramassis de fantasmes, c'est aussi une fausse histoire de féminisme. À partir du moment où on assume tout cela, on peut quand même dire que c'est assez divertissant". 

Le film

► Sortie en salles le 10 juillet 2019. 

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de ce film sur le plateau du Masque et la Plume :

6 min

"Anna" de Luc Besson : les critiques du Masque et la Plume

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume, réunis autour de Jérôme Garcin, pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

À noter que toutes les autres critiques de films du Masque et la Plume sont à retrouver ici.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.