Disons d’emblée que j'ai fait dans ma vie de bien plus belles et heureuse rencontres que celle dont il sera question ici, laquelle d’ailleurs en restera au stade épistolaire via internet. Voici in extenso l’aimable courrier d’auditeur que j’ai reçu après la dernière émission de vendredi dernier :« Pourquoi la radio confie-t-elle la critique cinématographique à des gens qui ne connaissent rien à l’art cinématographique ? Il parle de scénario, d’histoire , de dialogue, mais jamais de prises de vue, de montage, de découpage, de bande son. Imagine-t-on un émission littéraire qui ferait l’impasse sur le style ? »Je suis "il" ! Au moins ne pourra-t-on me reprocher de ne publier que des éloges flatteurs... et côté liberté de blâmer l’auditeur en question s’en donne à cœur joie.Que lui répondre ?D’abord que le temps nous manque : faire la critique de six à dix films en dix minutes environ n’est pas un exercice aisé ! Notre objectif est de tenter de donner un aperçu de la diversité des films sortis en salles chaque semaine (faut-il rappeler que la France de ce point de vue ne recule devant rien avec une moyenne de douze nouveaux films par semaine de septembre à juin ?). Alors, oui, il faut aller vite, raconter un minimum de quoi il s’agit quand même et donner deux ou trois éléments de jugement. Pour les longs et grands développements, il faudra naturellement aller voir du côté de la presse écrite qui reste par excellence le lieu de la critique cinématographique.Pour autant, je ne peux souscrire à l’idée que nous ne parlerions que du fond et jamais de la forme qui le porte. Et je passe charitablement sur l’idée sous-jacente selon laquelle « le scénario, l’histoire et le dialogue » ne feraient pas partie intégrante de l’art cinématographique…Dans cette même émission précisément où nous étions fiers à juste titre de recevoir le co-scénariste de Jacques Audiard pour « Un prophète », Thomas Bidegain, nous avons à plusieurs reprises évoqué le style du cinéaste au moment du tournage. L’auteur d’une histoire du cinéma que je suis a du mal a se faire traiter d’inculte en matière d’art cinématographique, je l’avoue !J’attire simplement l’attention de notre auditeur sur le fait qu’une partie non négligeable de la production cinématographique manque considérablement de «style » et qu’il est presque impossible de l’analyser sous cet angle. Et puisqu’il est fait allusion à la critique littéraire, un parallèle s’impose : comme il est difficile de trouver un style à Marc Lévy ! Autrement dit, le silence du critique est parfois égal à l’absence de style ! Mais arrêtons ici cette polémique qui, comme on le voit, n’a pas vraiment lieu d’être et ne mérite vraiment pas de se retirer à Chambourcy,dans son « désert », comme le faisait en son temps François Racine de Monville.Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« On commence toujours à éprouver avant de s’exprimer. »Vincent Van Gogh

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