Todd Philips signe le retour du méchant le plus populaire et machiavélique de la pop culture américaine. Après Jack Nicholson et Heath Ledger, Joaquin Phoenix incarne un Joker intime dont on suit la dégénérescence psychologique. Pourtant, le film n'a pas du tout convaincu les critiques du Masque & la Plume…

Joaquin Phoenix dans "Joker"
Joaquin Phoenix dans "Joker" © 2019 Warner Bros. Entertainment Inc. TM & DC Comics / Niko Tav

Le film présenté par Jérôme Garcin 

Lion d’Or à Venise, avec Joaquin Phoenix, Robert de Niro, Zazie Beetz. 

Dans les années 1980, à Gotham City, Arthur Fleck, un comédien raté de stand-up qui est déguisé en clown (Joaquin Phoenix), est violemment agressé par des voyous. Une agression doublée d’une humiliation qui va le rendre fou et transformer le Joker en tueur psychotique, à la tête d’une armée de clowns révolutionnaires. Un film accusé par la presse anglo-saxonne de faire l’apologie de la violence...

Pour Xavier Leherpeur, "Joaquin Phoenix en fait des caisses !"

XL : "Si la publicité qu'il y a autour de ce film est quand même extraordinaire, c'est surtout la connerie qui terrasse, bien avant la violence qui, elle, est petite. C'est une effroyable bêtise ce scénario qui sort de nulle part. 

Ça devient très compliqué de réinventer Batman... Normalement, le Joker tombe dans une espèce de cuve remplie de produits chimiques qui le déforment... Là, on a un clown raté qui commet bêtise sur bêtise pendant les spectacles. Il est atteint d'une pathologie qui lui fait déclencher des crises de fou-rires machiavéliques, inquiétantes, un peu à n'importe quel moment. Joachim Phoenix en fait des caisses ! 

L'acteur fait tout le temps la même chose, c'est une catastrophe de caricature !

Au moment où on se dit qu'on ne peut pas faire pire, Robert de Niro débarque... Lui aussi est dans la caricature, il ramasse grave... Il n'y a pas de scénario, c'est le nihilisme pour les imbéciles

À la fin, il y a un grand chaos qui gagne les rues de Gotham à un moment où évidemment les parents de Bruce Wayne sont en train de se faire assassiner, ce qui donne naissance à Batman. Au bout d'un moment, on croit que le Joker est mort puis il ressuscite pour devenir un grand méchant. On en fait une espèce de christ du nihilisme à deux balles".

Joaquin Phoenix dans "Joker"
Joaquin Phoenix dans "Joker" / 2019 Warner Bros. Entertainment Inc. TM & DC Comics / Niko Tav

Sophie Avon trouve le film "détestable et un acteur qui a de la poudre dans les yeux" 

SA : "Je trouve le film détestable, à la fois trop plein et vide, c'est assez bête cette mode d'aller chercher un personnage secondaire dans une franchise déjà bien installée : on voit bien la rentabilité, c'est la grande mode à Hollywood de faire cela, de lui adjoindre un passé, une genèse... Pour en faire quoi ? Un psychopathe de plus alors que le cinéma en est déjà chargé, Qu'apporte-t-il de plus ? 

J'ai le sentiment que Todd Philips n'a pas grand chose à dire : il ouvre des tiroirs, saupoudre un peu de tout, en fait un "personnage compost" dont il essaie de racheter l'humanité. Il en fait un grand monstre, en même temps qu'un personnage christique, ainsiqu'un salopard débordé par sa violence

Il a de la poudre dans les yeux

Si c'est un film sur les années 1980 qui traduit l'Amérique d'aujourd'hui, il est allé chercher des choses très inflammables, il a tapissé son film par une espèce de légitimité sociale et politique avec la montée des populismes, la colère de la foule, la soif de rage, cette course à la désespérance contemporaine..."

Joaquin Phoenix dans "Joker"
Joaquin Phoenix dans "Joker" / 2019 Warner Bros. Entertainment Inc. TM & DC Comics / Niko Tav

Pierre Murat l'a trouvé "très mauvais, glauque et douteux"

PM : "C'est très mauvais pour trois raisons : 

  • Todd Philipps, le metteur en scène, n'a pas beaucoup de talent : il a beaucoup de mal à créer une véritable ambiance, tout est apprêté, fatigué.
  • L'acteur Joaquin Phoenix : il a maigri de 30 kilos, c'est très bien mais ce n'est pas pour cela qu'il a du talent. Dans ce cas-là Jack Nickolson et Heath Ledger étaient bien mieux.
  • C'est assez glauque ce qu'il nous raconte sur la foule, la manière dont il arrive à manipuler l'opinion publique pour faire un film pratiquement de fachos.. 

Par maladresse, le film devient douteux

Joaquin Phoenix dans "Joker"
Joaquin Phoenix dans "Joker" / 2019 Warner Bros. Entertainment Inc. TM & DC Comics / Niko Tav

Eric Neuhoff conseille de le voir les yeux fermés

EN : "C'est n'importe quoi, ça ne devrait pas s'appeler Joker mais Oscar car Joaquin Phoenix louche sans arrêts vers la statuette... 

J'espère qu'il ne l'aura pas son oscar

C'est à la fois vide et répétitif, ça patine tout le temps, ça n'avance pas. Je ne vois vraiment pas ce que ça veut dire. Ça devient casse-pieds, il n'y a aucune progression. 

On peut le voir les yeux fermés c'est peut-être mieux

Ce qui est très bien, c'est la bande-son... 

Le film

► Sortie en salles le 9 octobre 2019

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de ce film sur le plateau du Masque et la Plume :

8 min

"Joker", de Todd Philips : les critiques du Masque et la Plume

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