Il semble bien difficile de voir « Agathe Cléry » (avec Valérie Lemercier) le nouveau film d’Etienne Chatillez avant sa sortie en salles. Autrement, il semble difficile d’exercer son métier à l’égard de ce film. Pourquoi ? Mystère ! Certains de mes confrères cependant ont eu ce privilège. J’ai surpris la semaine dernière une conversation entre deux d’entre eux. Le premier disait au second : « J’ai ri une fois pendant la projection, tu te rends compte, une fois, une seule… ». Réponse immédiate du second : « C’est déjà beaucoup ! ». Et dire que certaines mauvaise langues prétendent que quand les projections de presse se font rares, confidentielles et sélectives, c’est le signe avant-coureur d’une catastrophe annoncée. Je n’ai évidemment pas d’opinion puisque je n’ai pas vu « Agathe Vléry ». Et, promis, je ne lui appliquerai pas la célèbre devise : « Je ne vais pas voir les films dont je parle, ça pourrait m’influencer. » Mais je m’engage à vous dire si les mauvaises langues ont décidément raison !Récemment sur un plateau de télé, un confrère qui ne pratique pas la langue de bois dit tout le mal d’un film que son actrice principale est venue « défendre ». Hors plateau, ladite actrice reproche au dit confrère d’avoir été trop… gentil à l’égard d’un film qu’elle juge rien moins que mauvais ! L’esprit critique n’est pas le monopole des critiques. Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes. Mettez ainsi deux cinéastes dans la même pièce et faites les parler des films de leurs collègues. « Ventilation » assurée, façon puzzle…Ce week end, il paraît que tout le gratin du cinéma français est allé écouter religieusement le énième séminaire parisien d’un gourou scénaristique américain, Robert Mc Kee. Ce dernier fait le même show depuis des années dans des conférences payantes. Pour avoir à une époque participé mais de loin à cet engouement, je plaide coupable. Comment peut-on écouter les cabotineries d’un type qui déteste « Citizen Kane » et fait de « Casablanca » l’alpha et l’omega de son enseignement, avec comme cerise sur le gâteau une haine farouche de toute voix off ? Tout ou presque est dans cette tonalité. Et Robert nous fait même l’honneur d’une analyse hexagonale à propos de « Bienvenue chez les Ch’tis : « Personne ne peut expliquer un succès comme celui-là. Si ce n’est qu’en Europe chaque pays se déteste et que, dans chacun d’eux, vous avez un problème Nord-Sud ». C’est aussi beau, pénétrant et caricatural qu’un discours de Bush !Une dernière petite anecdote pour la route. Steve McQueen, a reçu lors du dernier festival de Cannes, la prestigieuse Caméra d’Or qui récompensait ainsi « Hunger » le premier film de ce cinéaste incontestablement doué. Or, qu’a-t-il murmuré à l’oreille d’un très haut dirigeant du festival juste après avoir reçu sa récompense ? « La prochaine fois, ce sera la compétition officielle ». Pas fier, le garçon !La phrase du jour : « J’ai connu le bonheur, mais ce n’est pas ce qui m’a rendu le plus heureux. » Jules Renard

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