Un film de Jean-Marc Valléeavec Matthew McConaughey, Jennifer Garner et Jared Leto

1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

En septembre 1992, Ron Woodroof est mort de complications liées au virus du SIDA. Sept ans plus tôt, on ne lui donnait plus que trente jours à vivre. Durant le mois qui précéda la mort de Ron Woodroof, le scénariste Craig Borten se rendit à Dallas pour le rencontrer avec déjà, l'idée de raconter son histoire dans un film. Cette histoire a mis vingt ans à voir le jour.Craig Borten a passé plusieurs jours avec Ron au Dallas Buyers Club, où il a enregistré plus de vingt heures d’entretiens sur son dictaphone.Puis le long processus de production du film s'est mis en route.

Matthew McConaughey
Matthew McConaughey © radio-france

Le premier à lire le scénario fut Matthew McConaughey : “C'est une grande histoire, une histoire incroyablement humaine et sans sentimentalisme. Je n’avais jamais lu de scénario qui s’attaque au sujet de cette façon. Ron était un Américain hors normes. Il déplaçait les montagnes. Il se faisait entendre. J’ai dit que je voulais que ça se fasse, que l’histoire de Ron soit racontée.”Le comédien qui vient de décrocher un Golden Globe pour son rôle s'est préparé mentalement et physiquement pendant des mois : ”Après avoir écouté les enregistrements et fait des recherches, je pensais ne plus avoir besoin d’informations. Les entretiens de Ron ont été tellement utiles. En écoutant Ron parler après avoir vécu sept années avec le V.I.H., j’ai réalisé qu’un homme parle différemment de lui-même et de ses réalisations selon qu’il en parle de façon rétrospective ou bien s’il a encore un avenir.Mais j’ai voulu rencontrer sa famille et ce fut décisif. Cela a été très instructif. Ce sont des gens merveilleux qui m’ont ouvert leur maison et donné accès aux archives de sa vie. Ils m’ont prêté ses carnets, d’autres enregistrements, ses journaux intimes…”Et puis il y a eu la métamorphose physique pour jouer le rôle d’un homme frêle, amaigri et mourant. “Jean-Marc (Vallée, le réalisateur) et moi en avions parlé très tôt. Il ne voyait pas comment j’allais réussir à perdre tout ce poids. Je lui ai dit de ne pas s’inquiéter pour ça, que c’était mon boulot.”Ce travail-là a commencé quatre mois avant le tournage. “Le plus dur était de passer certaines étapes du régime. Quand j’ai réussi à atteindre les 80 kilos, je suis rapidement descendu à 77kg. Puis ça a été dur d’atteindre les 75kg, mais une fois passée cette étape, atteindre les 72kg a été facile, et ainsi de suite… Mais ça demande une certaine force mentale. J’avais toujours faim. Il fallait sans cesse que j’étouffe mes envies. On réalise à quel point la nourriture prend de la place. J’ai mangé beaucoup de glaçons....”Sous suivi médical, Matthew McConaughey a perdu plus de 20kg pour jouer Ron, pour atteindre 65kg, et même 60kg pour les scènes à l’hôpital. “C’était une aventure merveilleuse, spirituellement et intellectuellement, qui a non seulement amélioré mon jeu mais aussi ma vie. Je lisais plus. J’écrivais plus. Mon esprit s’est aiguisé. Je dormais moins : trois heures en moins chaque nuit. J’ai beaucoup appris sur le discernement et le choix, et sur les choses qu’on tient pour acquises."

Jennifer Garner et Matthew McConaughey
Jennifer Garner et Matthew McConaughey © radio-france
Pour jouer aux côtés de Matthew McConaughey, Jean-Marc Vallée et les productrices voulaient des acteurs de poids, dans la mesure où ces personnages allaient avoir des échanges intenses avec Ron.Pour le rôle de l'immunologiste Eve Saks, c'est McConaughey qui a parlé de ce projet à Jennifer Garner et qui lui a fait lire le scénario. Elle a tout de suite accepté le rôle.
Jared Leto
Jared Leto © radio-france
Pour le rôle de Rayon, Robbie Brenner, la productrice a proposé à Jean-Marc Vallée de prendre Jared Leto: ”Je n’ai jamais rencontré Jared Leto." se souvient le réalisateur "J’ai rencontré Rayon et il voulait me séduire. Il était tellement habité par son personnage, jusqu’à ses vêtements.”Dans la même veine que McConaughey, Jared Leto sait ce que ça fait de changer de poids pour un rôle. Avec seulement trois semaines de préparation, il a jeûné pour atteindre la silhouette squelettique de Rayon dont le corps subit non seulement les effets du SIDA mais aussi ceux de la drogue. Lorsque le tournage a débuté, Jared Leto pesait 52kg. L’acteur explique qu’il voulait simplement jouer son personnage le mieux possible.Ce n'est pas la première fois que l'acteur transforme son corps pour des rôles : il avait maigri pour devenir un véritable athlète dans l’histoire vraie de Steve Prefontaine, perdu une dizaine de kilos pour Requiem for a dream, et pris plus de 25kg pour Chapter 27”Comme Matthew, Jared s’est entièrement métamorphosé pour ce rôle." raconte Jennifer Garner "Il était habité par la fragilité de Rayon, il était papillon, il inspirait une belle et délicate façon d'être. Ce fut un privilège d’être sur un plateau avec ces deux acteurs.”En 1992, le scénariste Craig Borten a demandé à Ron Woodroof ce qu’il ressentait en se disant que son histoire deviendrait peut-être un film. Ron a répondu : “J’aimerais beaucoup qu’il existe un film sur moi. J’aimerais partager tout ce que je sais avec les gens, et j’aimerais que les gens sachent ce que moi j’ai dû apprendre tout seul à propos du gouvernement, des agences pharmaceutiques et du SIDA. J’aimerais me dire que, finalement, tout ça a servi à quelque chose."
Jarec Leto et Matthew McConaughey
Jarec Leto et Matthew McConaughey © radio-france
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