Un film de Pierre Salvadoriavec Catherine Deneuve, Gustave Kervern, Féodor Atkine, Pio Marmaï, Michèle Moretti et Nicolas Bouchaud

Antoine est musicien. La quarantaine passée, il décide brusquement de mettre fin à sa carrière. Après quelques jours d’errance, il se fait embaucher comme concierge. Mathilde habite le vieil immeuble de l’est parisien où il prend ses fonctions. C’est une jeune retraitée, généreuse et impliquée, qui partage son temps entre ses activités associatives et la vie de la copropriété.Un soir, elle découvre une inquiétante fissure sur le mur de son salon. Peu à peu, son angoisse grandit pour se transformer en panique : et si l’immeuble s’effondrait… Tout doucement, Antoine se prend d’amitié pour cette femme qu’il craint de voir glisser vers la folie.Entre dérapages et inquiétudes, tous deux formeront un tandem maladroit, drolatique et solidaire qui les aidera, peut-être, à traverser cette mauvaise passe.

Pierre Salvadori et les comédiens

"Cela faisait longtemps que j’avais le projet d’un film avec un personnage limite. Une femme folled’inquiétude. Folle au vrai sens du terme.Je me méfie un peu des sujets, des thèmes, mais pas des personnages. Pour Dans la cour, je suisparti de Mathilde et les choses se sont assemblées naturellement. Quand vous vous familiarisezavec vos personnages, qu’ils commencent à vous plaire, ils sont comme des aimants : ils attirent la fiction, le décor, le ton et les seconds rôles. Tout vient par eux."

Catherine Deneuve et Gustave Kervern
Catherine Deneuve et Gustave Kervern © Wild Bunch
"J’avais envie depuis longtemps de travailler avec **_Catherine Deneuve_** . J’ai écrit le film pour elle.Avec le temps, certains acteurs deviennent un peu des personnages. Le public a une idée d’eux assez précise et on peut jouer avec ça. Catherine, on a l’impression qu’on peut compter sur elle, qu’elle a du courage, du bon sens, un art de vivre, comme un secret. Je me suis dit que si elle incarnait Mathilde, ce serait d’autant plus surprenant parce qu’on n’imaginerait jamais qu’elle devienne folle. Et puis, pour toute la première partie du film, je pensais aussi à sa rapidité. Son sens de la comédie : "Moi j’aime les gens pas sûrs d’eux, au moins ils s’appliquent", pour moi c’était le genre de phrase qu’elle allait dire merveilleusement. Elle joue vite comme Katherine Hepburn ! Et puis elle a cette voix incroyable qui est une arme précieuse pour les dialogues. En fait, elle module tellement le dialogue qu’elle le chante plus qu’elle ne le dit. C’est très stimulant. Cela vous permet d’être parfois plus littéraire, parce qu’avec elle, ça ne se voit pas. On peut "risquer" le texte, ça ne s’entendra pas. Ca sera juste. Elle efface tout ce qui peut paraître artificiel et elle donne au personnage une lisibilité tout en gardant une opacité, un mystère." "Pour Antoine, j’ai pensé à _**Gustave Kervern**_ après l’écriture. On a fait des essais. Mais je crois que je savais déjà que je le voulais lui. Je l’avais croisé dans une soirée sans le connaître. Il était drôle. Il embrassait tout le monde ! Je voyais qu’il avait cette douceur, cette patience. Qu’il allait être le personnage idéal pour encaisser tout ça. Par ailleurs, je l’avais vu dans les sketchs de Groland. Je voyais bien qu’il avait en plus un sens comique et que sa capacité à jouer l’étonnement, l’incompréhension, allait apporter un contrepoint comique à la folie de Mathilde. Et c’est aussi un acteur physique, il sait se tenir, être dans le plan, être juste sans rien dire, sans être embarrassé de lui même. Certains acteurs ne savent pas quoi faire de leurs mains, se balancent d’un pied sur l’autre. Lui est là, imposant, tranquille. Une statue ! Je crois que c’est ce qu’on appelle avoir de la présence. Sur le plateau, je disais toujours que c’était mon ancre, qu’il empêchait le film de partir n’importe où. Il le tenait, par son corps, par sa justesse et par son émotion."
Gustave Kervern, Catherine Deneuve et Féodor Atkine
Gustave Kervern, Catherine Deneuve et Féodor Atkine © Wild Bunch
_**Pio Marmaï**_ est un acteur qui a une énergie et une force contenue incroyable. On sent qu’il possède une grande fragilité et beaucoup de douceur dans un corps puissant. C’est ce qui le rend si bouleversant. Il est aussi doté d’un vrai sens comique parce qu’il n’a jamais peur de s’abandonner. Je ne savais jamais ce qu’il allait faire. C’est un acteur surprenant et inspirant. Avec lui on a toujours envie de prolonger la scène.J’avais vu _**Nicolas Bouchaud**_ dans son spectacle d’après Daney (La loi du marcheur). Il est drôle, physique et un peu inquiétant. Dans ses spectacles, il peut être cérébral et deux secondes après se mettre à danser. Un vrai corps burlesque. Il a le sens de l’improvisation et le goût du jeu. Du coup, il vous pousse à aller un peu plus loin. On sent qu’il a toujours envie d’une prise de plus. Parce qu’il a beaucoup de plaisir à jouer mais aussi parce qu’il ne veut jamais abandonner le texte tant qu’il sent qu’on peut en tirer encore un peu plus. Les acteurs comme lui sont des alliés.On a mis du temps à trouver le mari de Catherine. Ce n’est pas facile, d’abord parce qu’elle en a eu beaucoup ! _**Féodor Atkine**_ a eu une approche des rôles assez différente, plus rare en France. Il s’intéresse au passé du personnage. Il le "construit" comme on dit. Catherine, dans le film, dit de son mari "C’est un ancien stalinien vous savez… Ils ont l’habitude d’enfermer lesopposants !". A partir de ça, il m’a demandé plein de choses. C’est une petite vanne qui m’a coûté beaucoup de travail ! Mais une fois qu’il a son personnage en tête, tout est simple. C’est un comédien doué et souple. Et puis il est beau et moi je voulais absolument que le mari de Catherine soit beau.J’aime beaucoup travailler avec _**Michèle Moretti**_ . Le naturalisme ne l’intéresse pas. Elle ne se contente pas d’être juste, au contraire. Beaucoup d’acteurs ont peur d’en faire trop, et pourtant c’est là qu’ils prennent vraiment des risques. Michèle est toujours au bord de la rupture, elle a un mélange de folie et de candeur qui rend tous ses personnages intrigants, poétiques ouattachants.
Gustave Kervern et Pio Marmaï
Gustave Kervern et Pio Marmaï © Wild Bunch
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