Alors que le quotidien « Libération » a fait hier sa pleine une et trois pages intérieures sur « OSS 117 », il est clair que ce film ne passe pas auprès de certains auditeurs et internautes. Tant mieux, les consensus mous sont détestables et la polémique souvent rafraîchissante : on y découvre que l’on est toujours l’élitiste ou le sectaire de l’autre !Ce qui est certain, c’est que le film avec Jean Dujardin n’est pas le seul à sortir mercredi prochain dans les salles, loin s’en font, et qu’ainsi chacun pourra trouver son bonheur de cinéphile ! Parmi les dix autres nouveaux films, arrêtons-nous un instant sur celui de Bertrand Tavernier, « Dans la brume électrique ». C’est un cinéaste pour lequel j’ai une affection particulière. Certains de ses films occupent une place à part dans mon panthéon personnel, à l’instar du premier d’entre eux, « L’Horloger de Saint-Paul », peut-être, et inconsciemment d’abord, parce que la large figure paternelle de Philippe Noiret fit écho à l’époque et encore maintenant avec ma propre vie, peut-être parce qu’il règne dans ce film infiniment lyonnais une fraternité et un esprit de résistance désormais hors du temps mais décidément paternelles, peut-être enfin parce qu’il se déroule en été, cette saison-palindrome qui se lit donc dans les deux sens, dont l’endroit et l’envers sont identiques, tel un Janus, à l’image précisément d’un père qui est comme un bloc, d’une seule pièce, massif, éternel. Mais revenons à ce nouveau film de 2009.Il a la particularité d’avoir entièrement été tourné et coproduit aux Etats-Unis. Un choix revendiqué par Tavernier, « l’ami américain » par excellence. Un peu comme un rêve d’enfant : tourner dans la nation cinématographique par excellence, comme d’autres vont à La Mecque. Or, le rêve s’est un peu fracassé contre les dures réalités des studios américains. « Dans la brume électrique » est déjà sorti aux Etats-Unis, mais uniquement en DVD. Présenté là-bas dans une version différente de celle voulue par Tavernier, il ne verra donc jamais les salles de cinéma. Le cinéaste français reste totalement muet sur cette affaire et il aurait même signé un accord de confidentialité absolue avec ses coproducteurs américains, afin de préserver la sortie du film dans une version destinée au reste du monde. Ainsi va la vie des cinéastes étrangers quand ils décident de se confronter au cinéma américain. Ils font ainsi la connaissance avec un syndicalisme d’acier qui rend les tournages particulièrement rigides : rien à voir avec les syndicats français des techniciens du cinéma qui eux se comportent plus civilement en acceptant par exemple un dépassement horaire dès lors qu’il reste raisonnable. Sur un plateau américain, le compteur à la prime tourne comme un ventilateur fou dès la première minute ! De quoi calmer nos ardeurs hexagonales sur le refrain des « syndicats qui paralysent ». Je vous dirai un peu plus tard dans la journée ce que je pense du film de Tavernier !La phrase du déjeuner ?« Tu l’as trop écrasé, César, ce port salut. »Il s’agit d’un palindrome d’une crétinerie abyssale et que donne en exemple le dictionnaire Auzou…

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