"Au Mexique, la famille d"Estela, une jeune fille de 12 ans, est prise dans un engrenage de violence lorsque celle-ci tombe amoureuse d'un jeune policier impliqué dans un détournement de drogue."

Heli
Heli © Radio France

Tel est l'argument d'HELI. Son point de départ, mais peut-être aussi, hélas, son point d'arrivée. Certes, avec ce film et contre GATSBY vu le matin même, on rentre dans le vif du Festival de Cannes avec cette soif de découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux regards, de nouvelles façons de nous parler du monde et de nous. SANGRE, en 2005, puis LOS BASTARDOS, en 2008, avaient inaguré la troublante radicalité d'Amat Escalante, né en 1979 à Mexico. En deux films cannois, il devenait, juste derrière Carlos Reygadas, l'assurance en actes d"une renaissance mexicaine attendue. Or, tandis que que Reygadas, avec son récent POST TENEBRAS LUX, semble se perdre dans les sables mouvants d'une spiritualité esthétisante à la mode Malick, son compatriote Escalante signe avec HELI un troisième film qui n'est plus que le pâle fantôme de ses deux premières œuvres déjà citées. Certes, on retrouve ici la peinture sans concession d'une société mexicaine gangrénée par l'extrême violence, la corruption et l'impuissance du politique, voire sa compromission définitive. Dans HELI, on assiste ainsi à une délirante scène de destruction massive de drogue saisie par les autorités devant la presse pour découvrir ensuite que des policiers ont puisé dans les réserves avant d'en brûler une partie... Les "bons" sont donc méchants et très méchants, on le verra amplement. Sur ce terrible constat, Escalante invente une fiction réaliste dans laquelle la violence va appeler la violence pour déboucher sur la seule réponse semble-t-il possible dans cet Etat en délitement : l'autodéfense. Quand cette dernière s'accomplit "enfin", le calme peut revenir : les corps des adultes peuvent se retrouver et les enfants se laisser bercer par les enfants. Oui et alors ? A-t-on envie de dire. L'impression de déjà vu envahit progressivement le spectateur qui n'est plus qu'attente de la flambée de violence suivante. Certes, Escalante parvient parfois à introduire du cinéma dans ce récit trop facile d''un Christ aux outrages qui finit en Dieu vengeur. Le temps d'une sidérante scène d'ouverture par exemple ou d'un plan à distance de la découverte d'un cadavre dans une pampa désertique. Le cinéma revient alors en force. Mais il est trop tard ou presque.

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