Margarethe von Trotta est une admiratrice de la première heure d’Ingmar Bergman. Elle a découvert ses films quand elle était une jeune actrice, et ce sont eux qui l’ont décidée à mener une carrière de réalisatrice. Avec ce film, elle explore en profondeur le travail et la personnalité d’Ingmar Bergman

Ingmar Bergman avec l'un de ses fils
Ingmar Bergman avec l'un de ses fils © Épicentre Films

Ingmar Bergman est considéré comme l’un des réalisateurs les plus importants de l’histoire du cinéma. À l’occasion du centenaire de sa naissance en 2018, la cinéaste allemande Margarethe von Trotta s’interroge sur l’héritage du maître, son travail et sa vie personnelle, qui continue d’inspirer des générations de réalisateurs.

Margarethe von Trotta le reconnait volontiers, elle a toujours déclaré que Bergman était son maître. 

Elle le découvre à 18 ans, à Paris avec Le Septième Sceau. "Il m’a accompagnée toute ma vie." explique-t-elle "Toutefois, je m’en suis beaucoup éloignée quand j’ai fait mes propres films. En tant que réalisatrice, je me suis fixée sur la réalité politique en Allemagne. De ce point de vue-là, j’ai fait des films très différents de Bergman, même s’il a toujours été là. A la fin de mon documentaire, on me voit au bord de la mer, adossée contre un grand rocher. Je me sens toute petite, face à ce maître qu’est Bergman. Ce roc le représente. Il me protège un peu aussi. Je me tiens sous l’ombre bienveillante de cette grosse pierre. C’est le sens de cette image."

Margarethe von Trotta
Margarethe von Trotta / Epicentre Films / C-Films / Mondex Film

Il était le premier réalisateur que je considérais comme un artiste et qui a éveillé en moi le désir de faire des films

Margarethe von Trotta a fait le choix de ne rien occulter de la vie du réalisateur, y compris la part sombre et notamment sur un épisode peu connu : sa fuite vers l'Allemagne.  

"Même des experts comme Olivier Assayas, qui maîtrisent leur sujet, ne savent rien ou presque de sa période à Munich." explique-t-elle "En tant qu’Allemande, ayant vécu dans cette ville au même moment que lui, je trouvais intéressant de raconter son expérience. En Allemagne, il a tourné L’œuf du serpent et La vie des marionnettes. Ces deux films sont très durs car il traversait une période sombre de sa vie. Il avait dû quitter la Suède car il se sentait terriblement humilié, suite à ses déboires avec le fisc. Quand on regarde ses films, le thème de l’humiliation est d’ailleurs central. On peut mesurer à quel point il a été blessé pour quitter ce pays qu’il aimait tant.  

Cet épisode a entraîné une dépression, ce que l’on sent effectivement dans ses films."

Margarethe von Trotta avec les deux fils d'Ingmar Bergman
Margarethe von Trotta avec les deux fils d'Ingmar Bergman / Épicentre Films / C-Films / Mondex Films

La réalisatrice s'intéresse également au rôle des femmes dans l'oeuvre de Bergman. Rôle central.

"Faire un film avec lui ce n'est pas du travail" confie Liv Ullman interrogée par Von Trotta "Il sera toujours le plus jeune des réalisateurs que je connaisse. Je crois qu'il reste jeune car il est toujours créatif et plein de vie. Il nous inspirait tous car il nous montrait la liberté que notre métier implique."

Je te remercie, Ingmar, d'être là et d'avoir tant donné à tant de gens. Tu les as fait s'écouter eux-mêmes et découvrir des choses dont ils ignoraient jusqu'à l'existence

Liv Ullman interrogée par Von Trotta
Liv Ullman interrogée par Von Trotta / Épicentre Films / C-Films / Mondex Film

A le recherche d'Ignmar Bergman de Margarethe von Trotta, au cinéma le 5 septembre

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