« La contrefaçon de DVD, aux mains du crime organisé, financerait aussi le terrorisme », c’est l’un des titres chocs de la une du quotidien « Le Monde » daté du vendredi 27 mars. À quelque chose malheur est bon : on tient un argument de plus et de poids pour s’insurger contre la piraterie audiovisuelle. La lecture de l’article est édifiante à souhait. On peut ainsi y lire qu’une « partie de la manne financière procurée par ce très lucratif trafic (il procurerait des bénéfices trois fois plus élevés que le trafic de drogue) alimente les caisses d’organisations terroristes. » Et le quotidien de citer en exemple « le Barakat Network, qui agit aux frontières de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay, verserait environ 20 millions de dollars par an au Hezbollah. » Certes, dans ce type d’enquête, le conditionnel est toujours de mise et, dans ce cas précis, elle a été commanditée par les studios hollywoodiens qui ont tout intérêt à ce que ces inquiétantes conclusions fassent le tour du monde. Mais, une telle situation est-elle surprenante ? Pour recycler son argent sale, le grand banditisme a toujours préféré les casinos et les palaces aux gargotes et autres infâmes bouis-bouis (vous avez remarqué, en passant, un boui-boui est toujours « infâme », de la même manière qu’une situation est « critique », les profits « mirobolants » et un déficit « abyssal » !). Quoi de plus normal : l’argent appelle l’argent. Autrement dit, si le DVD rapporte plus que la drogue, il n’y a pas à hésiter. Souvenez-vous, il y a quelques semaines, on apprenait que la maffia se réjouissait des excellentes ventes des DVD illégaux du film « Gomorra », DVD qu’elle avait elle-même fait fabriquer et diffuser ! Le tout en assurant le metteur en scène qu’il n’y avait là-dedans, je cite, « rien de personnel ». Plus cynique, tu meurs ? Oui, mais surtout, plus mercantile, on ne fait pas !Tout cela vous donne la nausée ? Je vous comprends. Alors, faites comme moi : plongez-vous avec délices et délectation dans la lecture du recueil d’articles que le cinéaste Olivier Assayas vient de publier chez Gallimard sous le titre « Présences ». De 1980 à 2008, on peut lire ou relire les analyses plus que séduisantes de cet amoureux du cinéma qui parle avec talent de Fassbinder, Visconti, Cassavetes ou bien encore Godard. Sans oublier un regard pénétrant et averti sur les cinématographies asiatiques. Assayas va souvent à l’essentiel dans ses écrits. En quelques mots, en quelques phrases, il donne des clés de compréhension parfaitement justes. Ainsi quand il écrit à propos de l’œuvre de Truffaut, après le décès de ce dernier : « L’enfance, le cinéma, les femmes, la mort. Les quatre thèmes de Truffaut, vie et œuvre mêlées. Ses thèmes de l’accomplissement, incompatibles avec l’exubérance brouillonne, avec l’inattention de Doinel. » Tout n’est pas dit, mais beaucoup. Il faut lire Assayas !La phrase du jour ? « Et sans prévenir ça arriveÇa vient de loinÇa s’est prom’né de rive en riveLe rire en coinEt puis le matin au réveilC’est presque rienMais c’est là ça vous émerveilleAux creux des reins.La joie de vivreLa joie de vivreOh viens la vivre Ta joie de vivre.Barbara

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