Un œil attentif, bienveillant et plein de sollicitude à mon égard attira ce matin même mon attention sur un petit article paru dans « Le Parisien » d’hier. Sous le titre « La pattre de la première dame » (sic), on apprenait que sous l’influence de son épouse, Nicolas Sarkozy vient de proposer que chaque lycée se dote d’ici fin 2009 d’un ciné club, à partir d’une vidéothèque sur Internet pour mettre 200 grands classiques du cinéma à la disposition des lycéens. « J’y attache une grande importance » a déclaré le Président de la République lequel, selon « Le Parisien », « dévore en DVD les œuvres de Lubitsch, Godard ou Visconti ». L’intention est louable évidemment. Elle semble juste oublier qu’il existe déjà depuis des années une vaste et ambitieuse politique pour faire connaître le cinéma « patrimonial » aux élèves. Pas moins de trois dispositifs officiels et nationaux existent à ce jour qui mobilisent de nombreux élèves et leurs professeurs sur l’ensemble du territoire : « Ecole au cinéma », « Collège au cinéma » et « Lycée au cinéma ». Trois programmes pédagogiques qui ne se contentent pas de mettre à disposition des films en les montrant mais qui mettent en œuvre le travail dévolu au système scolaire : entourer la projection des films d’un développement des savoirs et des connaissances autour du cinéma, autrement dit envisager le cinéma comme un art dont il convient de découvrir l’histoire, les écoles, les genres, la grammaire visuelle et narrative, les codes, etc. Pour mener à bien ces opérations, l’Education nationale travaille en collaboration avec des salles de cinéma, c’est à dire que les films sont montrés aux élèves et aux enseignants dans des bonnes, des « vraies » conditions de cinéma, respectueuses de l’œuvre et du support : la salle de cinéma et non l’écran vidéo… Il serait dommage que les ciné-clubs présidentiels, au delà de leur côté éminemment sympathique, viennent de quelque façon que ce soit (et notamment budgétaire…) remettre en cause « Lycée au cinéma ». A l’heure de la multiplication des écrans et des canaux, on peut légitimement se demander si le système éducatif ne devrait pas se concentrer sur l’éducation au cinéma à travers un véritable travail pédagogique autour des films, et non la simple mise à disposition des œuvres sur support numérique donc appauvri… Il faudra toutr simplement suivre avec attention les applications concrètes des déclarations présidentielles.Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« La vie est un sommeil, l’amour en est le rêveEt vous aurez vécu si vous avez aimé. »Alfred de Musset, « A quoi rêvent les jeunes filles »

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