Un seul mot vous manque est tout est dépeuplé, n’est-ce pas ?! J’avais noté un mot sur un répertoire de mon téléphone mobile et ce dernier vient de tomber en panne sèche. Rideau. Le noir total. Il ne veut plus rien savoir. Que faire ? Patienter jusqu’à demain et ne pas vous casser la tête avec ce petit incident de rien du tout. Un mot de perdu : j’en retrouverai dix demain, à n’en pas douter.Comme promis hier, je poursuis et termine la petite promenade truffaldienne initiée par un récent commentaire. Oui, c’est vrai, Bertrand Morane, le fameux « homme qui aimait les femmes » incarné par Charles Denner et Bernard Coudray, l’amant de la femme d’à côté, joué par Gérard Depardieu, exercent d’insolites professions. Le premier teste des maquettes-prototypes de futurs avions dans une immense soufflerie en forme de cage à oiseaux. Le second entraîne des hommes à conduire de gigantesques bateaux mais là également sur des modèles réduits. Bref, comment ne pas les voir comme des enfants, ces deux quadras dont l’un « cavale » après les femmes quand l’autre n’en poursuit qu’une seule, l’unique, l’inéluctable ? Truffaut, le cinéaste qui aime les enfants et qui a commencé sa carrière avec un moyen-métrage dont les héros sont des « mistons » nîmois, Truffaut donc n’en finit pas de nous montrer des hommes-enfants là où tout le monde glose sur la prétendue femme-enfant. Car, ils ne sont pas uniques dans l’œuvre du cinéaste, ces deux gamins adultes. Souvenez-vous. Que font ces amis sur un balcon qui vont transformer une mariée rayonnante en veuve-religieuse ? Mais ils jouent à la carabine, voyons. L’un d’eux vise même la girouette du clocher comme au tir forain. Et ils s’amusent comme des petits fous. Seulement voilà, le coup sera mortel. Fini de rire et de jouer. Et quand Jeanne Moreau les tuera un par un , ce sera bien souvent lors d’un rituel ludique (et que je joue à cache-cache avec Michael Lonsdale et que je danse avec Michel Bouquet,…). On pourrait multiplier les exemples de ces hommes-enfants pas tout à fait immatures, mais pas tout à fait adultes non plus. Ils sont un pied dans la vie, un pied dans le jeu. Ils ont un métier mais avec des maquettes d’avions et de bateaux ! Ils aiment mais en gamin collectionneur ou en jeune pousse idéaliste.Alors évidemment, Truffaut est derrière chacun de ces personnages masculins : un pied dedans, un pied dehors. Un enfant ne peut pas diriger un film. Mais l’enfant Truffaut, l’enfant malheureux, l’enfant œdipien, l’enfant cinéphile, l’enfant lecteur est au cœur de chacun de ces films. Il n’est pas question de refaire « L’Enfant sauvage » ou « L’argent de poche » tous les jours. Alors on trouve d’autres personnages plus grands, plus adultes, semble-t-il. Mais, comme le dit la chanson, « tu peux quitter l’enfance, mais ton enfance ne te quitte ». Et voilà pourquoi nos héros sont touchants.La phrase du jour ?- Bernard Coudray (Gérard Depardieu) : Cette chambre, j’ai envie de la louer au mois.- Mathilde (Fanny Ardant) : Pourquoi ? Puisqu’on peut y revenir quand on veut ?- Bernard : Oui, mais ça m’agace que d’autres gens puissent faire l’amour ici sur notre lit. Extrait du scénario de « La Femme d’à côté » écrit par François Truffaut, Suzanne Schiffman et Jean Aurel

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