Certaines musiques de films me « collent au cœur et au corps ». C’est le cas par exemple de la partition écrite par Stéphane Grapelli pour « Les Valseuses » de Bertrand Blier. Spleen garanti. Idem pour celle composée par Philippe Sarde pour « Violette et François » de Jacques Ruffio. Clarinette aidant, je craque ! C’est pourquoi, je vous un culte sans borne à Stéphane Lerouge, éditeur de musique chez Universal et responsable des BO. C’est à lui que l’on doit de superbes disques consacrés à Legrand, Delerue, Jansen, de Roubaix, Gainsbourg, Magne et tant d’autres. Découvreur de perles rares, Stéphane Lerouge est à l’origine de plusieurs dizaines de CD au service de la BO, dans des genres musicaux variés et donc des cinématographies les plus diverses. Avec lui, on passe allègrement des films de Truffaut à ceux de Jean Yanne, des films de Godard à ceux de Giovanni, des films de Demy à ceux de Lautner. Il vient de publier une nouvelle salve de quatre titres avec l’éclectisme qui le caractérise. Le cinéma de Francis Lemarque y côtoie le Brésil au cinéma. Le troisième titre contient rien moins qu’un enregistrement historique intégral inédit : la musique que composa Michel Legrand pour le sublime et crépusculaire film de Richard Lester, « La Rose et la flèche », soit le récit des amours finissantes de Robin de Bois et de sa Marianne. Inédite parce que cette partition fut finalement écartée par Lester. C’est pourtant une musique parfaitement adéquate et inspirée dont Legrand est fier à juste titre. Pour l’accompagner, Lerouge a judicieusement choisi une autre partition de Legrand, la BO d’un autre film en costumes de Lester, sa version des « Trois Mousquetaires ». Et puis Lerouge poursuit son exploration des contributions diverses et variées de Gainsbourg à la musique pour le cinéma en éditant les BO de deux films de Claude Berri, « Sex-shop » et « Je vous aime ». Disons-le d’emblée, je n’ai guère de passion pour ces films assez roublards. Seulement voilà, on (je !) ne résiste pas aux charmes du duo Deneuve-Gainsbourg chantant « Dieu est un fumeur de havanes » dont on trouve par ailleurs, en final, un instrumental parfait. On est amusé par un « Je vous salue Marie » intégral par Gainsbourg. Sans oublier, mais dans un registre de second degré, les chansons interprétées par Depardieu pour les besoins de son rôle dans ce film, dont « La Pe’tite Agathe », chanson pour laquelle l’acteur est accompagné par le groupe Bijou. On frôle ici l’inaudible mais c’est du coup de l’incunable discographique, du pur nanan musical qu’on peut déguster sans modération. Voilà pour « Je vous aime ». Quant à la chanson phare de « Sex-Shop », c’est rien moins que « La décadanse » chantée par Birkin et Gainsbourg. Pour toutes ces raisons, on peut écouter les albums conçus et concoctés par Lerouge. Car, oui, décidément, « Dieu est un fumeur de havanes /tout près de toi, loin de lui/J’aimerai te garder toute ma vie/Tu n’es qu’un fumeur de gitanes/Aime-moi, nom de Dieu.. » etc. Les chansons et les musiques de films font partie intégrante de nos mémoires cinéphiles.Ah ! ça ira !La phrase du soir ?A partir d’une certaine récurrence, la chance n’est plus un hasard mais une qualité. »Benoîte Groult

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