C’est désormais officiel : la Commission chargée de la sélection du film représentant la France pour l’attribution de l’Oscar du Meilleur film étranger lors de la prochaine cérémonie des Oscars en 2010 a choisi « Un prophète » de Jacques Audiard. Ce n’est peut-être pas une surprise au regard des qualités de ce film hors norme mais c’est assurément une bonne nouvelle. Rappelons simplement que la route reste longue : le film doit maintenant être sélectionné (ou non…) par une Commission américaine. Ensuite… Au fond ce serait pour le film d’Audiard une belle (é)preuve d’universalisme réussi. Soit l’univers carcéral et ses communautés bien françaises (les Beurs, les Corses, etc) « parlent » aux élites cinématographiques américaines (« Amazing film » comme disait le président cannois Sean Penn à propos d’« Entre les murs »), soit ces mêmes élites décrochent face à un sujet dont le traitement est bien loin d’un « Scarface » (n’en déplaise à la Ministre Amara). Quitte ou double. Pour autant, cette sélection n’est pas une épreuve de vérité pour une œuvre qui, d’ores et déjà, a fait ses preuves. Juste une éventuelle étape supplémentaire dans une carrière qui s’annonce couverte de lauriers. De ce point de vue, on prend le risque de parier que du côté des César par exemple et autres « Etoiles de la Presse » ou « Lumières », le film d’Audiard accumulera les récompenses techniques et artistiques. Face à « Un prophète », les autres films français de l’année auront un peu de mal à résister. Et ce ne sera que justice. Soit dit en passant, et toujours à propos du « Prophète », je ne saurais trop vous conseiller l’acquisition de la BO du film, superbe disque qui mêle des extraits et des sons du film, la partition originale signée par Alexandre Desplat et quelques pépites additionnelles dont évidemment la version incroyable de « Mack the knife » revisité à la cool par Jimmie Dale Gilmore. C’est ce titre qui termine le film et « On aura tout vu » depuis Cannes ! Il colle parfaitement aux dernières images du film quand le héros fait un petit geste de la main (chut pour celles et ceux qui n’ont pas encore vu « Un prophète »…). Une chanson qu’on écoute en boucle, porté qu’on est par une langueur séduisante. Comme celle qui vous envahit dans les moments d’abandon. Ceux de la vraie vie.Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« Tout ce qui vous convient est toujours le meilleur. »Jean-François Régnard, « Ménechmes », 1705

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