Sale temps pour les magazines de presse écrite consacrés au cinéma. « Les Cahiers du Cinéma » d’un côté, « Ciné Live » et « Studio » de l’autre, les nouvelles ne sont pas réjouissantes. Du côté des « Cahiers », rien de catastrophique pour l’instant. On sait que « Le Monde » a décidé de vendre ce journal et désormais dix repreneurs sont en lice (voir « Libération » de ce matin pour plus de détails). Je ne conçois pas ma vie de cinéphile sans ce mensuel, c’est ainsi. Que sa singularité profonde puisse être remise en cause par quelque apprenti sorcier me fait dresser l’oreille. Je perçois ici ou là les habituelles trompettes de la modernité qui, à force de courir après les tics et les tocs de l’époque, finissent toujours par être « mal embouchées » !… Gare, par conséquent, aux mirages du « tout images », le cinématographe n’est pas encore mort et il a besoin d’espaces écrits amoureux pour (se) réfléchir. « Les Cahiers » en font partie intégrante. Il faudra veiller, nous les lecteurs bénévoles, à ce que changement ne rime pas avec un chambardement dicté uniquement par l’envie de "faire du neuf", ce qui en soi, on le sait bien, ne veut rien dire.Concernant, « Ciné Live » et « Studio », la situation est beaucoup plus claire et donc calamiteuse. Le groupe Express-Roularta, propriétaire de ces deux mensuels de cinéma, a décidé de supprimer ces deux magazines pour en fonder un nouveau qui sortira début 2009. En conservant deux titres grand public consacrés au cinéma, ce groupe de presse mettait à mal et le pluralisme et la concurrence. En les supprimant, il porte atteinte à la diversité de cette presse qui compte seulement cinq titres réellement présents en kiosque depuis des années (« Ciné Live », « Studio », « Première », « Les Cahiers du cinéma » et « Positif »). Autrement dit, ce groupe de presse n’aurait jamais dû donner l’illusion de pouvoir gérer deux titres concurrents dans un secteur aussi étroit. Le résultat est là : demain, la presse cinéma passera de cinq titres mensuels à quatre. Pas de quoi pavoiser. Pas de quoi se réjouir non plus, y compris pour les autres titres concurrents car en matière de presse écrite et de lectorat, rien n’est simple. Les lecteurs-cinéphiles vont perdre deux titres pour en gagner un dont on ignore tout pour l’instant. Et permettez-moi aussi de penser aux journalistes de ce secteur qui vont forcément être touchés par ces suppressions. A l’heure où il n’existe plus aucun magazine de cinéma sur les chaînes hertziennes gratuites, ces annonces dans la presse écrite rendent le paysage plus sombre encore. Mais au fait, vous qui me lisez, vous en achetez, vous, des magazines dédiés au cinéma ? Non ? C’est aussi le problème… et là, pour le coup, la solution est entre vos mains ! A bons cinéphiles, salut !La phrase du jour ? « La caméra est un instrument, c’est un microscope qui permet de détecter la mélodie du regard. » Nicholas Ray

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