"La Belle et la Bête", qui sort au cinéma le 2 mars, présentera pour la première fois un personnage ouvertement homosexuel, selon son réalisateur. Une première pour un film Disney.

Dans "La Belle et la Bête", Le Fou se pose des questions sur ses sentiments pour Gaston
Dans "La Belle et la Bête", Le Fou se pose des questions sur ses sentiments pour Gaston © Capture d'écran / Disney / YouTube

Dans "La Belle et la Bête" version dessin animé, sorti en 1991, Le Fou était un personnage un peu sot mais d'une loyauté sans limites pour Gaston, la brute qui veut séduire Belle et se lance dans une expédition contre La Bête.

Dans la version tournée en images réelles, qui sort au cinéma ce 22 mars, une subtilité apparaît dans la personnalité de ce personnage secondaire : et si son admiration pour Gaston était en fait de l'amour ?

Dans une interview au magazine britannique Attitude, le réalisateur de ce nouveau film Bill Condon a révélé qu'il y aurait "un beau moment gay dans un Disney", pour la première fois. Il explique que Le Fou s'interroge sur ce qui le lie à son comparse :

"Il veut être Gaston un jour et veut l'embrasser le lendemain. Il ne sait pas vraiment ce qu'il veut, c'est un personnage qui prend conscience qu'il a ces sentiments".

Sur Twitter, Josh Gad qui interprète Le Fou dans la version filmique du célèbre conte s'est dit "plus que fier" de cette première.

Des soupçons jamais vraiment confirmés

Jusqu'à présent, s'il n'y avait jamais eu de situation ouvertement gay dans un film signé des studios Disney... mais les soupçons étaient nombreux. Dans le dessin animé de Pixar Le Monde de Dory, sorti l'été dernier, plusieurs observateurs avaient aperçu l'image (assez furtive) de deux femmes derrière une poussette. "Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, elles peuvent être ce que vous voulez qu'elles soient", avait alors commenté l'un des réalisateurs du film.

Mais c'est surtout l'immense succès des studios Disney, La Reine des Neiges, qui a semé le doute. Elsa était-elle la première héroïne homosexuelle dans un dessin animé des studios américains en général plutôt connus pour leur puritanisme ? L'image de la princesse dotée de super-pouvoirs, obligée de les cacher, et qui s'épanouit enfin lorsqu'elle fuit l'environnement qui l'étouffe (comme elle le chante dans la désormais célèbre chanson "Libérée, Délivrée"), a été vue par une partie de la communauté LGBT comme la métaphore d'un coming-out.

A l'annonce du début de la production d'une suite au film, de nombreux fans de ce dessin animé ont demandé que l'héroïne soit la première à rencontrer non pas un prince mais une princesse charmante, avec le hashtag #GiveElsaagirlfriend ("Donnez à Elsa une petite amie").

Cette première n'est vraiment une première que pour les studios Disney. D'autres spécialistes de l'animation et notamment les studios Dreamworks avaient déjà abordé le sujet de façon plus ou moins cachée ; notamment dans le film Dragons 2 où le viking Gueulfor affirmait que s'il ne s'était jamais marié, c'est qu'il y avait "une autre raison".

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La critique de La Belle et la bête par l'équipe du Masque et la plume

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