"A présent, mon rapport au cinéma est plus serein." C'étaient les derniers mots de Claude Miller dans le beau livre d'entretiens que Claire Vassé lui avait consacré il y a cinq ans. En apprenant sa mort ce matin, j'ai revu "La Meilleure façon de marcher", son premier film tellement intranquille, intrigant et tendu comme un arc.

Affiche la meilleure façon de marcher
Affiche la meilleure façon de marcher © Radio France

Tellement truffaldien aussi et précisément dans ce rapport "non serein" au cinéma, c'est à dire dans cette volonté de ne pas séparer la vie et les films. Pas complètement. Pour que la fièvre de l'une s'empare des autres et inversement. Parce que les héros de Claude Miller ont tous sans exception un ou des secrets à protéger et/ou à révéler, c'est tout comme. Oui, tous et nous avec eux évidemment. Et le cinéma fut donc pour Claude Miller le lieu de ce secret, le lieu de passage, le lieu de représenttaion, le lieu d'épanouissement de tous ces secrets. Non pas ce "petit tas misérable" mais simplement la nécessaire dose d'interrogation, de mystère et d'incertitude intime qui fait que la vie vaut d'être vécu et le cinéma vaut d'être entrepris. Alors, oui, la meilleure façon de marcher, c'est peut-etre d'entreprendre, avec une effrontée et une petite voleuse, une mortelle randonnée pour tenter d'en percer le secret, en évitant soigneusement la garde à vue...

Claude Miller va nous manquer car les gouffres intimes que ses films nous montraient ne sont rien d'autres que les notres.

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