Le plus célèbre flic des Etats-Unis mis à nu par Clint Eastwood : J.Edgar Hoover.

Le fondateur du FBI, l'homme qui a dirigé près de cinquante ans les services de renseignements américains et vu passer sous son règne huit présidents, est ausculté dans son intimité.Eastwood dresse le portrait d'un homme dont l'autoritarisme n'avait d'égal que cette souffrance terrible : il vécut toute sa vie en homosexuel honteux. Le personnage, interprété, très convaincant par Leonardo Di Caprio, est totalement Hitchcockien.Il est le rejeton d'une mère castratrice qui a tracé pour lui une destinée impérieuse. Un destin à la mesure de celui, sans doute, que la démence a interdit à son père.

Marc Dugain « Eastwood utilise l'homosexualité de Hoover pour se dédouanner des aspects importants qu'il ne prend pas en compte »

Hoover
Hoover © Radio France / Library of Congress

Plus qu'à l'homme qui a mis les Etats-Unis en fiches, plus qu'à l'instigateur de l'une des plus performantes polices politiques du monde, plus qu'à l'ultra conservateur issu du sud raciste et ségrégationniste, plus qu'au misogyne et à l'homophobe, Eastwood s'intéresse au Hoover intime. Ecartelé entre les ambitions maternelles et son homosexualité honteuse.

C'est un parti pris. Incontestable artistiquement. Politiquement douteux, selon Marc Dugain l'auteur de "La Malédiction d'Edgar" qui travaille actuellement sur le scénario d'un film qu'il compte tourner cet été aux Etats- Unis consacré à J.Edgar Hoover.

Marc Dugain, interrogé par Laurence Peuron

Marc Dugain est l'un des premiers à s'être longuement penché sur les rapports amoureux du patron du FBI et de son numéro deux : Clyde Tolson, dont il a d'ailleurs utilisé les mémoires.

Certes, Eastwood escamote les aspects les plus contestables de l'action politique de Hoover, mais on ne peut pas effectivement pas tout demander à l'ancien maire de Carmel, soutien de Reagan et de Mac Cain.

Il reste que formellement c'est un Eastwood de très bonne tenue. Et c'est tout de même son premier film gay.

Hoover affiche
Hoover affiche © Radio France
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