Après les polémiques suscitées par la faible présence de réalisatrices dans la compétition ces dernières années, et alors que la Croisette est taxée de machisme, les organisateurs du Festival ont décidé que les femmes seraient à l’honneur. Le président est donc une présidente et son jury est composé de quatre femmes et de quatre hommes.

Ce n’est évidemment pas la première fois qu’une femme préside le Festival. Mais elles ne sont pas si nombreuses. Depuis la création du Festival en 1946, vos deux mains suffiront à les compter : neuf actrices et une réalisatrice

Jane Campion

Elle arrive déjà auréolée d’une double performance : elle est la seule réalisatrice à avoir décroché la Palme d’or. Mais aussi la seule cinéaste de la Croisette - hommes et femmes confondus - à avoir été récompensée à la fois dans la catégorie court-métrage (Peel en 1986) et long-métrage (La leçon de piano ex aequo avec Adieu ma concubine , de Chen Kaige en 1993).

"C'est un grand honneur pour moi que d'avoir été choisie pour être la présidente du jury. Et, pour dire la vérité, je suis très impatiente", a-t-elle déclaré sobrement dans le communiqué qui a suivi l’annonce de son choix.

"Jane Campion fait partie de l’histoire du Festival" : Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, avec Eva Bettan de France Inter

1965 \ Olivia de Havilland

À l'occasion de sa 18e édition en 1965, le Festival décide de nommer sa toute première présidente de jury. Ce sera Olivia de Havilland. Mais il faut bien reconnaître qu’à l’époque le pouvoir du président est assez faible, qu’il soit un homme ou une femme.

Écoutez madame la présidente lire le palmarès

(Extrait de _Les Voix du Festival_ de Laurent Delmas) ### 1966 \ Sophia Loren Sophia Loren sera à Cannes cette année. Elle est l'invitée d’honneur de Cannes Classics. Créé en 2004, le programme Cannes Classics présente, durant le Festival, des films anciens et des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma dans des copies restaurées. Elle accompagnera la projection de _**La voce umana**_ , réalisé par son fils Edoardo Ponti, et qui marque son retour au cinéma. **Prix d'interprétation féminine en 1961, Sophia Loren présida le jury en 1966.** ### 1971 \ Michèle Morgan La présidente de la 39e édition a elle aussi obtenu le prix d’interprétation, et même le tout premier décerné en 1946. ### 1973 \ Ingrid Bergman Parfum de scandale sur la Croisette cette année-là avec _**La maman et la putain**_ (de Eustache avec Bernadette Laffont) et _**La grande bouffe**_ (de Ferreri, avec Piccoli, Noiret). Les deux films choquent. Le comité du Festival voulait créer l’événement, et c’est réussi, puisque ces films ont totalement occulté les Palmes (_**L’épouvantail**_ de Jerry Schatzberg ex aequo avec _**La méprise**_ d’Alan Bridges). _**La maman et la putain**_ obtient le grand prix du jury même si la présidente déclarera plus tard "avoir été choquée par les propos crus des dialogues."
### 1975 \ Jeanne Moreau Mademoiselle Moreau ne s’en laisse pas conter. On n’en attendait pas moins d’elle. Le palmarès de la 43e édition est à son image, audacieux et ouvert sur le monde. Le 23 mai, lors de l’annonce du palmarès, la présidente du jury déroute les journalistes, dont la plupart n’ont pas daigné voir le film qui décroche la Palme d’or , _**Chronique des années de braise**_ de Mohammed Lakhdar Hamina. Quelques jours plus tôt, Jeanne Moreau détaillait son emploi du temps de présidente et livrait son point de vue sur le Festival de Cannes en tant que lieu de promotion des films. ### 1979 \ Françoise Sagan Discussions, hésitations et crêpages de chignons rythment le quotidien des jurés de la 47e édition. Incapable de trancher, le jury présidé par Françoise Sagan décerne non pas une mais deux Palmes d’or : l’une à_**Apocalypse now**_ de Francis Coppola et l'autre au film_**Le tambour**_ de Volker Schlöndorff La présidente ne cachera pas une nette préférence pour le film de Volker Schlöndorff, comme en témoigne ces images.
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.