Alors que Blade Runner 2049 enchaîne les critiques dithyrambiques, la Cinémathèque exhume un document qui montre que la production était loin d'être emballée par le premier film.

Harrison Ford sur le tournage de Blade Runner en 1982.
Harrison Ford sur le tournage de Blade Runner en 1982. © Crédit : PictureLux / Maxppp

"Chef d'oeuvre de mélancolie" (Le Figaro), "Meilleur que l'original" (l'Express), "Petit miracle de cinéma" (LCI)... Depuis quelques jours, les critiques rivalisent de superlatifs pour Blade Runner 2049, la suite du cultissime Blade Runner, sorti en 1982. Aux États-Unis, le magazine Rolling Stone considère déjà le film comme un "classique". Un accueil qui tranche avec celui réservé, à l'époque, au film de Ridley Scott, mal-aimé par la presse et descendu par ses producteurs.

"La salle va s'endormir"

La Cinémathèque française a exhumé ce mardi, à la veille de la sortie de Blade Runner 2049, un document qui compile les notes prises par Bud Yorkin et Jerry Perenchio, les deux producteurs du film, lors d'une projection de janvier 1982. "La voix off est monotone (...) Cette voix off est horrible, la salle va s'endormir", dégaine Perenchio, avant de poursuivre : "Est-ce qu'ils étaient drogués quand ils ont fait ça ?".

"La première fois que j'ai vu Blade Runner, j'ai été stupéfait", raconte aujourd'hui Denis Villeneuve, le réalisateur de Blade Runner 2049. À l'époque, Jerry Perenchio écrivait lui : "Ce film devient de pire en pire à chaque plan". Selon Bud Yorkin, les plans de Pris (une des replicants que poursuit Harrison Ford) sont "trop nombreux". "Jusqu'à la mort de Zhora, le film est d'un ennui mortel", concluent les deux co-producteurs dans leurs "Commentaires généraux".

En conflit avec ses producteurs, Ridley Scott sortira finalement "son" Blade Runner en 1992, soit dix ans après la première sortie cinéma. La fameuse voix off, assurée par Harrison Ford, sera retirée de cette version director's cut du film. Elle avait été ajoutée, justement, à la demande des producteurs qui ne voulaient pas perdre les spectateurs. La fin sera également remaniée : à la place du "happy end" de la version de 1982, Ridley Scott préférera un mouvement final plus ouvert, à l'image d'un film qu'il voulait dès le départ sombre et pessimiste.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.