Un film parait-il étrange, comparé à une oeuvre d'art contemporaine, un film ennuyeux dans lequel il faut accepter de se perdre... Les commentaires entendus ou lus depuis l'annonce de la palme d'or décernée à "Oncle Boonmee" du thaïlandais Apichatpong Weerasethakul ne mettent pas en appétit le futur spectateur. Pas vu, je ne peux donc pas me prononcer. Indispensable en revanche le Beauvois, inspiré de faits rééls: l'assassinat des moines de Tibehirine, en 1996. En observant les derniers jours de ces 7 hommes amoureux de Dieu et proches de tous les êtres et de tous les croyants (toutes religions confondues), Beauvois signe un hymne à la fidélité à soi, sans tomber dans le prosélytisme chrétien. Le réalisateur est athée mais brosse le tableau de héros d'aujourd'hui, et même de saints : les religieux sont morts en sachant le risque qu'ils prenaient de ne pas quitter leur monastère, par souci d'honnêteté. Ce film, vous le verrez en salles à partir du 8 septembre. Récemment, une actrice célèbre regrettait que celui qui l'avait si bien dirigée dans un de ses films précédents ne travaille pas davantage, laissant entendre avec affection que le cinéaste était autant paresseux qu'angoissé. Xavier Beauvois a certes pris du temps, mais ce temps lui a permis de mûrir. On le perçoit en voyant "Des hommes et des dieux", la preuve, le Grand Prix décerné par Tim Burton et son jury.

"Des hommes et des dieux"
"Des hommes et des dieux" © Radio France
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