Post Cannes, animal triste, non ? Assurément, oui ! Il suffit de ce début de soirée de dimanche pour qu’un coup de blues envahisse le festivalier fatigué et pressé désormais de rentrer en l'occurrence à Paris. Comme si un mouvement se brisait net. L’Huppert Présidente l’a d’ailleurs parfaitement résumé : vivement que tout cela se termine, mais vivement qu’on recommence. Ainsi va Cannes. Vive la tristesse, comme le dit certainement Almodovar, ce soir ! Etrange sentiment en vérité que ce retour au réel après une dizaine de jours où l’on perd ses repères (par exemple, durant le Festival, le week end n’existe plus, samedi et dimanche sont des jours comme les autres, avec une chronologie et un emploi du temps identiques). Tout est rythmé selon un calendrier immuable : la première projection est à 8h30 et la dernière se termine autour de minuit.Vive la tristesse doivent se dire Audiard et toute l’équipe de son film, eux qui durant tout le Festival ou presque auront eu la Palme. Même une grande partie des journalistes étrangers en étaient persuadés… Vive la tristesse... Vive la tristesse aussi quand Charlotte Gainsbourg fait un grand arc de cercle pour passer du merci professionnel à son cinéaste-bourreau Lars von Trier au merci intime au père absent mais toujours là, comme la présence essentielle, celle à quoi et à qui tout se ramène ou presque. Le père, au final et la nécessité absolue et justifiée de l'associer au succès, aux bravos, à la fête.Il faut relativiser par ailleurs. Plus d’une heure après le Palmarès, son résultat n’était toujours pas parvenu aux oreilles d’un serveur d’un restaurant italien du centre-ville. Jusqu’au moment où un client très informé lui a dit : « Mais si, c’est fait , la Palme, c’est un Français qui l’a eue ! ». Ne le répétez surtout pas à Haneke… A l’heure d’internet, des SMS et autres canaux ultra-rapides, il est un peu rassurant que tout ne fonctionne pas à merveille. Ou du moins que la communication mette du temps. Ce qui ne lui garantit d’ailleurs pas d’être fiable dans le cas présent. Mais, au moins, le formatage est évité. Et puis quoi, la Palme quand on vend des pîzzas, c’est en effet secondaire. Au fait, je n’ai pas démenti la fausse info. J’ai laissé dire que « la Palme est française, avec un truc sur un mec qui est tout le temps en taule ». J’ai donc laissé dire qu’Audiard avait eu sa Palme. Un petit plaisir en forme de vengeance. Vox populi… Décidément après « animal triste », ce Festival se termine en citations latines ! Et pourquoi pas après tout ? Cannes comme un drôle de peplum-Barnum. Cannes, son pain hors de prix et ses jeux de pronostics. Cannes et ses fourches caudines de la critique. Cannes et ses starlettes d’un soir qui passent aux bras de Lovelance d’un matin. Il est temps d’aller se lover pour reprendre la vraie vie. Demain.La phrase de la nuit ?« Et nous avons des nuits plus belles que vos jours »Jean Racine, « Lettres d’ Uzès »

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