L’angoisse du critique devant le post blanc (noir en l’occurrence !). De quoi vous parler ce soir ? Et surtout, de quoi vous parler d’intéressant (je sais, je place la barre très haut…) ? De ces 17 copies des candidats au concours de la Fémis dont je viens à peine de terminer la correction ?J’aurais bien aimé le faire, histoire de vous faire partager mes doutes, mes interrogations et mes étonnements lesquels auraient sans doute fait rigoler ceux qui parmi vous sont enseignants… Mais non, même sous couvert d’anonymat, rien ne doit filtrer de ce que je viens de lire. Allez, juste pour la bonne bouche et parce que cela ne prête à aucune conséquence (l’orthographe ne doit pas rentrer en ligne de compte dans la notation), voici donc une perle lexicale très réjouissante : « supperflux ». C’est beau d’écrire le superflu avec autant de redondance et de luxe du détail ! On frise l’invention poétique, ce qui même par accident mérite une mention spéciale pour l’auteur(e) de ladite création orthographique.Mais, au fait, les cinéastes font-il des fautes d’orthographe ? Non dans l’absolu, puisqu’il n’existe aucune Académie, aucun dictionnaire normatif pour « encadrer » ce langage universel (et tant mieux, non ?). Mais, oui dans la pratique, car on peut aisément repérer des cancres pour qui le la langue cinématographique revient tout juste à s’emparer d’une caméra pour filmer des choses sans se soucier du pourquoi ni du comment. Des exemples ? Oui à la pelle et singulièrement dans le domaine de la comédie où le filmage ressemble parfois à celui d’une sitcom en pire. C’est Claude Chabrol qui confia un jour à Marie Marvier dans « Synopsis » qu’il ne peut laisser en l’état une simple rature dans un scénario, persuadé qu’il est qu’elle se verra … au tournage ! La page du cahier d’écolier qui, chez Chabrol, sert de support au scénario devait donc être réécrite. Derrière l’œil habituel du malin Chabrol, une vérité assurément : un ratage à l’écriture, c’est un ratage au tournage.Voilà, je sens vos regards farouches sur moi : le post touche à sa fin et il ne nous a donné qu’une maigre becquée. Oui, mais, comme disait ma grand-mère (l’Aveyronnaise, pas la Lorraine, Apollonie, pas Jeanne), un peu de frugalité le dimanche soir ne peut faire de mal. J’aimais beaucoup ma grand-mère. Mais avait-elle vraiment raison ?...La phrase du jour ?- « J’ai le droit de poser ma main sur votre sein ? »- « Oui, mais nous veillerons à ce que cela ne devienne pas un devoir. »Bertrand Morane, alias Charles Denner, à Geneviève, alias Brigitte Fossey, assis côte à côte dans la voiture de cette dernière, dans « L’Homme qui aimait les femmes » de François Truffaut

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