"Ernest et Célestine", c'est l'histoire d'une amitié entre une petite souris qui ne voulait pas devenir dentiste et un ours qui ne voulait pas devenir notaire. Ernest, gros ours marginal, enrhumé, affamé, fouille les poubelles en quête de victuailles. Alors qu'il s'apprête à enfourner au hasard ce qui lui tombe sous la main, un hurlement retentit ! "Arrrrrêêêêêête ! ". La petite souris qu'il allait avaler le supplie : "Si tu ne me manges pas, je t'offrirai ce que tu aimes le plus au monde ! Et ce sera meilleur pour ta santé que ces cochonneries." C'est ainsi que Célestine, en essayant de sauver sa vie, va complètement chambouler celle d'Ernest. De ces circonstances malheureuses naîtra une amitié qui chamboulera l'ordre établi dans le monde des souris (le monde du dessous) et dans le monde des ours (le monde du dessus)...

La bande annonce du film :

une série créée par Gabrielle Vincent

La naissance de Célestine
La naissance de Célestine © Gabrielle Vincent / Casterman

Ce film d'animation est une adaptation sur grand écran de la série d'albums "Ernest et Célestine" inventée par Gabrielle Vincent. La série est constituée d'une vingtaine de livres, parmi lesquels __ "La Naissance de Célestine", qui raconte la rencontre de l'ours Ernest et de la (toute, toute petite) souris Célestine... Un album très fin dans son traitement graphique et sa narration.

Gabrielle Vincent est connue pour les aventures d'Ernest et Célestine. Elle a réalisé de nombreux autres livres pour enfants, très beaux aussi ; "Un Jour un Chien", "Le désert","Mon Jardin Perdu","La Petite Marionnette"...

Elle écrit à propos de ses livres :__

… Les histoires que je dessine sont souvent des histoires vécues ou observées. J’en ai le scénario dans la tête, et lorsque je prends le crayon, puis la plume, tout vient très vite. Je dessine un peu comme une somnambule, comme si ce n’était pas moi. D’où, sans doute, cette façon que j’ai d’être le spectateur de moi-même, de ne pas arriver à me prendre au sérieux. Presque toujours, c’est le premier croquis qui est le bon, j’aime la spontanéité.

Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent
Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent © Casterman

Daniel Pennac, le scénariste du film

Le film raconte la rencontre entre Ernest et Célestine. Pour autant, il ne reprend pas exactement la trame du livre "La naissance de Célestine". L'histoire a été imaginée par Daniel Pennac qui nous la raconte de façon vraiment extraordinaire :

Il raconte comment et pourquoi il s'est investi dans ce film :

"Dans les années 80, j’ai trouvé un petit bouquin intitulé "Un jour, un chien" avec les dessins au fusain de Gabrielle Vincent. Je venais d’écrire "Cabot-caboche", qui racontait lui aussi les aventures d’un chien perdu. Comme je suis tombé amoureux d’"Un jour, un chien", j’ai envoyé "Cabot-caboche" à Gabrielle Vincent par le biais de son éditeur. Elle m’a répondu et nous sommes restés en amitié épistolaire pendant une dizaine d’années. Je lui envoyais des bribes de manuscrits et elle m’envoyait des dessins, des extraits d’Ernest et Célestine. Nous faisions tout cela sans jamais nous voir ni nous téléphoner. Et puis elle est morte…

Des années après sa disparition, Didier Brunner que je ne connaissais pas, m’appelle au téléphone, m’explique qu’il est, entre autre, le producteur des Triplettes de Belleville, et me dit : «Écoutez, je vais vous faire une proposition qui vous paraîtra étrange. Vous ne connaissez certainement pas Gabrielle Vincent, mais elle a créé des albums intitulés Ernest et Célestine qui sont très doux, très angéliques, et je rêverais d’en faire un long métrage, avec, en pendant, un univers plus noir qui serait le vôtre.» Je lui ai expliqué alors que je connaissais bien ces personnages, et qu’il serait en effet amusant de les faire surgir d’un environnement sombre pour les faire aller vers le côté idyllique des dessins de Gabrielle Vincent. Il y aurait une sorte d’accession au paradis de la relation humaine. J’ai donc écrit le scénario dans ce sens-là. Ernest et Célestine sortent tous deux d’un univers sombre, pénible, pour construire eux-mêmes un havre de paix auquel ils sont arrachés par la réalité de leurs deux mondes, qui les poursuit et les capture à nouveau. Au bout de leurs péripéties, chacune de leurs communautés admet qu’ils puissent vivre ensemble."

pourquoi trois réalisateurs pour un film ?

Didier Brunner, le producteur du film, raconte qu'il a découvert le film "La queue de la souris", film de fin d’études réalisé par le jeune cinéaste Benjamin Renner :

Il le convainc de participer au projet... Cependant, se sachant novice et craignant d’assumer seul la gestion de ce gros paquebot qu’est un studio d’animation avec quarante techniciens et artistes à bord, Benjamin Renner souhaite être épaulé et parrainé pour son travail de mise en scène : c'est ainsi que Vincent Patard et Stéphane Aubier (alias Pic Pic André), les réalisateurs de "Panique au village", rejoignent l'équipe du film.

L'univers graphique de Gabrielle Vincent est fait d'aquarelles et d'un crayonné, tout en finesse. Benjamin Renner explique : "Dans chaque dessin de Gabrielle Vincent, tout est très clair, on ressent la tristesse d'un personnage, sa joie, une angoisse, sa timidité, sa mélancolie... A partir d'une page blanche, elle dépose quelques traits, quelques taches seulement, et c’est tout ce qu'il faut pour que nous puissions retrouver l'émotion qu'elle cherche à montrer. Dans chacun des livres d'Ernest et Célestine, de ses autres livres pour enfants, ou même dans chacun de ses croquis ou tableaux, on retrouve cet incroyable talent pour le dessin, ce don de saisir une émotion et de la représenter en ne montrant que l'essentiel, en jouant avec l'épure."

Un style aérien et fluide difficile à transposer dans un film d'animation, pourtant c'est un pari réussi par Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier... Voici quelques images du film :

pourquoi les livres d'Ernest et Célestine touchent-ils autant les adultes (aussi) ?

Selon Benjamin Renner : "Quand je lis un livre, je n’ai pas un regard d’adulte ou d’enfant. Je le découvre pour ce qu’il est, sans jugement a priori. Ce qui est frappant dans les albums d’Ernest et Célestine, c’est l’importance de la tendresse entre les personnages, et ce rapport à l’enfance qui est si bien représenté dans ces dessins et ces situations. Ernest a un côté enfantin même si il représente l’adulte. Les personnages sont en fait deux enfants. Tout est remarquablement bien «senti». Ce ne sont pas des histoires classiques, mais des «petits morceaux de vie».

Lambert Wilson interprète Ernest, l'ours enfantin, gourmand, et un peu ronchon

Lambert Wilson doublant Ernest
Lambert Wilson doublant Ernest © Ernest et Celestine

C'est l'acteur Lambert Wilson qui a prêté sa voix à l’ours Ernest dans ce long métrage.

Au début, nous avions du mal à imaginer la voix d’Ernest, car les grosses voix «classiques» d’ours ne correspondaient pas au côté très dynamique du personnage dans le film. Lambert a trouvé cette voix naturellement.

Il ne s’agit pas de sa première expérience dans le doublage de dessin animé puisqu’il a participé à la version française de Cars 2 en 2001 ainsi qu’aux aventures du célèbre cowboy dans Tous à l'Ouest : une aventure de Lucky Luke en 2007. Il décrit cette expérience ainsi : "C’est le plaisir de la liberté, de l’invention. On peut se débarrasser de sa propre image, dans laquelle on est enfermé, et se métamorphoser"

un film déjà très récompensé

Prix du Meilleur Film au Festival du Film de Sarlat 2012 - Novembre2012Prix du public pour Mon 1er Festival 2012 - Novembre 2012 Prix Animé RNC Media du Festival du cinéma international en Abitibi-Témisamingue (Québec) - Novembre 2012 Prix Meilleur Film International et Prix du Public - Amsterdam Cinekid !! - Octobre 2012Prix du public au Lund International Fantastic Film Festival - Octobre 2012Mention spéciale SACD à La Quinzaine des réalisateurs - Mai 2012

lien image blog ernest et celestine
lien image blog ernest et celestine © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.