Justine, Cate, Emmanuelle(s), Laetitia, Catherine, Nicole, Dominique, Claire(s) et d'autres encore déjà présentes sur nos écrans ou à venir. Pardon, on se croirait sur Europe 1 dans les années 70 où les animatrices n'étaient connues que par leur seul prénom : Maryse, Julie... Malheureux temps d'un machisme ordinaire et décomplexé. Or donc, il fallait lire Justine Triet, Cate Blanchett, Emmanuelle Bercot, Emmanuelle Devos, Catherine Deneuve, Laetitia Dosh, Nicole Garcia, Dominique Cabrera, Claire Denis, Claire Simon. Dans ce pêle m'elles (sic), on trouve des cinéastes et des actrices qui s'adressent à nous lors d'une rentrée à l'incontestable parfum de femmes. On se gardera bien de relancer ici le vain débat sur le cinéma de femmes pour mieux se féliciter de cette nouvelle exception française : aucune nation cinématographique au monde ne s'ouvre ainsi et enfin à la moitié de l'humanité.

C'est une révolution tranquille et douce. Il y a dix ans on comptait sur les doigts de deux mains le nombre de réalisatrices françaises en activité. Désormais, le cinéma français compte un nombre croissant de réalisatrices. Le triste axiome de la sociologue Evelyne Sullerot ("une profession qui se féminise est une profession qui se dévalorise") sera-t-il validé alors ? On espère bien que non !

La féminisation des plateaux de tournage et plus encore de la profession de cinéaste ne signifie rien d'autre que le partage de l'outil caméra. Pas plus que "romancière", le mot "réalisatrice" ne devrait heurter aucune oreille. Il suffit de voir et d'écouter Justine Triet ("La Bataille de Solférino") pour comprendre que le mouvement s'inscrit déjà dans une presque normalité. Ou comment un cinéphile qui s'était éveillé dans les années 70 avec un cinéma exclusivement masculin ou presque, voit sa maturité devenir non point paritaire (quelle connerie ce serait !) mais féminine et masculine. À l'heure où les interrogations sur le genre ne génèrent pas que des discours intelligents (euphémisme...), on prend un réel petit plaisir à dire que le féminin est un nouveau genre du cinéma, un genre non minoritaire, un genre tous azimuts, un genre pluri-elles quoi !

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