Tout a bien commencé aujourd’hui puisque ceux qui n’avaient pas vu « Etreintes brisées » d’Almodovar ont eu le bonheur de s’y plonger dès le matin et ceux qui, comme moi, l’avaient déjà vu à Paris, ont pu se délasser ! Un critique de cinéma sait-il encore pleurer devant un film ? Question sérieuse. Alors, oui, j’ai pleuré à deux reprises durant la projection de ce film. A quels moments ? Là non, on entre dans l’intime. Parce nos larmes ne (dé)coulent pas directement des images que nous voyons mais de la rencontre avec d’autres images celles que nous avons en tête. Ces larmes n’ont en fait de sens que pour moi, ici et maintenant. Elles ne regardent donc que moi ! Jusqu’à présent Almodovar et Cavalier m’ont secoué « à ce point ». En sachant que, précisément parce qu’elles relèvent de l’intime pur, les larmes ne sauraient tenir lieu de jugement esthétique. Il m’est arrivé de pleurer devant de mauvaises images et pour de mauvaises raisons.On est désormais à mi-parcours ou presque. Les films s’enchaînent. Trop. Trop vite. Et cet œil toujours récalcitrant qui se fatigue trop lui aussi. Alors pour être dans le rythme h élas, vite quelques petites notules sur des choses vues :« Le Tsar » de Pavel Lounguine sur Ivan le Terrible. Une sorte de Caligula d’avant le goulag, un précurseur dans le crime mécanisé le Ivan en en question. Mais le film ne décolle jamais vraiment. Comme une pesante leçon d’Histoire, comme si le cinéaste avait eu peur de la démesure de son personnage.« Vincere » de Marco Bellochio. Un vrai-faux sujet dont on se fiche un peu (l’épouse illégitime ou non de Mussolini), un vrai regard en revanche sur la montée du fascisme en Italie et un formidable parallèle avec la montée en puissance du cinématographe muet puis parlant et plus globalement des images dans le destin d’un peuple. Question : peut on aimer un film pour son arrière-fond ? Oui.« Amintiri din epoca de aur », soit cinq sketches de cinq réalisateurs roumains dont le palmé d’or, Cristian Mungiu. Cinq petites histoires drôles et ubuesques de la Roumanie communiste. C’est un ton en dessous des films roumains que nous avons découverts ces dernières années. Mais ne soyons pas bégueules : tels qu’ils sont ces récits amusent et sidèrent à la fois.La phrase du jour ?« Seigneur, prenez soin des petits enfants »Rachel, alias Lilian Gish, dans « La Nuit du chasseur » de Charles Laughton

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