L’actualité nous a ce matin donné des (mauvaises) nouvelles de Benoît Poelvoorde. Je n’ai évidemment aucune envie de commenter ces faits privés, même s’ils m’attristent profondément car cet acteur fait définitivement partie de mon Panthéon personnel à côté d’autres acteurs-monstres inclassables. On a simplement envie de lui dire qu’on a besoin de lui sur les écrans. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai choisi de présenter ce samedi soir à Cannes dans le cadre des très sérieuses « Rencontres de Cannes » consacrées cette année au thème « Sport et médias. Politique. Argent. Ethique » le film de Philippe Harel « Le Vélo de Ghislain Lambert ». Dans le rôle de ce looser dopé, Poelvoorde est génial. Le film a l’immense avantage d’être une comédie et une vraie réflexion sur le sport, l’addiction, le dopage. C’est un film à rire et à pleurer, c’est dire si c’est un film « vrai ». Des renseignements sur ces « Rencontres de Cannes » qui ont lieu de vendredi à dimanche ? www.rencontresdecannes.fr tout simplement !Entretien enregistré ce matin pour une diffusion vendredi avec le réalisateur du film « Hunger », Steve McQueen. Il a le nom d’un autre, il ressemble à Forest Whitaker, il fait tourner Michael… Fassbender. Tout ça ne s’invente pas ! Mais ce géant impressionne par son film comme par le soin qu’il met à répondre aux questions qu’on lui pose. Dans « Hunger », découvert cette année à Cannes et que Bruno Dumont a récompensé de la Caméra d’Or (prix spécial destiné à un premier film), un plan m’a gêné : celui d’une plume (forcément d’ange, forcément sulpicienne) qui vient se poser sur le lit funéraire de Bobby Sands le Républicain irlandais mort en prison des suites d’une grève de la faim. Or, au détour d’une question, McQueen évoque sa passion pour « Zéro de conduite » de Jean Vigo dont l’une des scènes mémorables est une bataille de polochons qui finissent par laisser s’échapper les… plumes qui les remplissent. D’une plume à l’autre, c’est du cinéma. MacQueen est indulgent : il me fait la grâce d’opiner à ce parallèle qui du coup rend « sa » plume plus… légère à mes yeux. Ce n’est pas l’ange que voit en Sands le réalisateur, c’est définitivement l’enfant. J’avoue que cette vision-là me convient.J’ai regardé ce soir « Le Grand Journal » sur Canal Plus. On y recevait, entre autres, Jean-Michel Ribes pour son film qui sort ce mercredi, « Musée haut, musée bas ». Pour savoir ce que j’en pense, il vous faudra patienter jusqu’à vendredi ! Mais, le cinéaste n’a pas cessé de rire à gorge déployée aux extraits de son film. A ce point-là, j’en suis resté pantois.« Le Monde » de ce soir juxtapose les affiches de Mesrine « 2è partie » et de l’abominable film de Mel Gibson, « La Passion du Christ ». Nous avions tenté l’exercice en direct vendredi dernier avec le producteur Thomas Langmann qui s’est retranché derrière le fait qu’il s’agit d’une image tirée du film. A l’exception notable, gênante, signifiante du long filet de sang suspendu dans l’espace qui coule de la plaie du… martyr. C’est la goutte qui fait déborder le film vers ce qu’il ne semblait pas vouloir être pourtant : une image pieuse et compassionnelle. Rien qu’une affiche ? Oui mais alors ça la fiche mal…Toujours Canal, toujours Mesrine. Mais cette fois « Les Guignols ». Bande annonce détournée et hilarante du film : puisque Mesrine voulait absolument que l’on ne prononce pas le « s » de son nom, tous les dialogues du film suivent cette exigence. C’est la disparition façon Pérec, mais avec le « s » cette fois ! Idiot, non ? Réjouissant surtout, il fallait y penser pour tordre le cou à ce débat ridicule entre Messerine et Mérine.La phrase du jour ? « J’ai toujours pensé qu’avec « Le Voyeur » de Michael Powell et « Huit et demi » de Fellini, tout ce qu’on pouvait dire sur le cinéma était dit. » Martin Scorsese.

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