10 ans après "Entre les murs" et la Palme d'or, Laurent Cantet explore à nouveau la jeunesse française. Une histoire qu'il a co-écrite avec Robin Campillo.

L'atelier
L'atelier © Jérôme Prébois

La Ciotat, été 2016. Antoine a accepté de suivre un atelier d’écriture où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l’aide d’Olivia, une romancière connue. Le travail d’écriture va faire resurgir le passé ouvrier de la ville, son chantier naval fermé depuis 25 ans, toute une nostalgie qui n’intéresse pas Antoine. Davantage connecté à l’anxiété du monde actuel, il va s’opposer rapidement au groupe et à Olivia, que la violence du jeune homme va alarmer autant que séduire.

"Tout est parti d’un reportage de 1999 pour France 3 sur lequel avait travaillé Robin Campillo, mon co-scénariste, à l’époque où il était monteur pour la télévision, se souvient Laurent Cantet. On y voyait une romancière anglaise animer un atelier d’écriture à La Ciotat. Ce dispositif, mis en place par la Mission locale, devait permettre à une dizaine de jeunes d’écrire ensemble un roman dont la seule contrainte était de se situer dans le cadre de la ville. Nous avions alors commencé à réfléchir à un film."

"À l’époque, poursuit le réalisateur, La Ciotat était encore sous le choc de la fermeture du chantier naval : elle datait officiellement de 1987-88, mais des salariés avaient ensuite occupé le chantier pendant plusieurs années pour en retarder la fin programmée. Les jeunes du reportage témoignaient d’un rapport à la culture ouvrière de leur ville qui, bien que déjà un peu nostalgique, semblait encore vivant. Ils se sentaient dépositaires de cette mémoire qui était la matière même du livre qu’ils écrivaient. Ce projet a été laissé en plan. J’y suis revenu, dixsept ans plus tard, avec l’intuition que cette histoire ouvrière est maintenant de la préhistoire pour les jeunes d’aujourd’hui."

Les comédiens de l'atelier
Les comédiens de l'atelier / Jérôme Prébois

Les comédiens

Quand une première version du scénario a été achevée, Laurent Cantet a fait un casting "sauvage" dans les clubs de sport ou de théâtre, à la sortie de lycées, dans les bars… Il a rencontré des centaines de jeunes de la région parmi lesquels il a choisi les acteurs.

Puis, avec eux il a mené, lui aussi, un "atelier" de deux semaines à plein temps, dans l’idée de nourrir le film de leurs expériences et de leurs personnalités.

Comme cinéaste, mais aussi comme spectateur, je ne peux m’attacher à un personnage que s’il a une autonomie qui lui permet parfois d’échapper à la simple nécessité du scénario

Pour le rôle de la romancière, le réalisateur imagine d'abord faire appel à une actrice étrangère, comme l’était la romancière de l’atelier qui avait servi d’inspiration. "J’ai dû y renoncer car il fallait que le personnage de la romancière maîtrise assez la langue française pour faire face à la truculence des jeunes."

Il décide alors de contacter Marina Foïs. "Je savais qu’elle saurait assumer cette partition, qu’elle avait la verve requise pour s’imposer dans le groupe, et qu’elle pouvait le faire avec une certaine légèreté, ce qui me semblait indispensable."

Parmi les personnages de premier plan, Marina Foïs est la seule actrice professionnelle.

Mathieu Lucci et Marina Foïs
Mathieu Lucci et Marina Foïs / Jérôme Prébois
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