Le mérite de cette exposition, montée par Cécile Debray pour le Centre Pompidou, est de sortir l'artiste Marcel Duchamp des facéties dans lesquelles on l'a enfermé pour faire ressortir et comprendre la complexité de sa recherche.

Marcel Duchamp
Marcel Duchamp © Corbis Image

Même si Duchamp a publié les notes préparatoires et les schémas du Grand Verre, l’œuvre est toujours sujette à de nombreuses analyses, interprétations et interrogations et reste un des projets artistiques des plus complexes et des plus novateurs du XXe siècle. 

L'artiste Duchamp est avant tout un chercheur, et son évolution se lit sans peine dans le parcours conçu par Cécile Debray.

Marcel Duchamp, est né et mort en France (1968), mais il a vécu une grande partie de sa vie aux États-Unis. Il est l'inventeur du ready-made. Le surréaliste André Breton l'a qualifié d'homme "le plus intelligent du XXe siècle". S'il n'est pas forcément très populaire, car considéré comme l'artiste des artistes dans le monde de l'art, mais aussi pour avoir bousculé toutes les notions dans ce domaine : l'œuvre, la peinture, l'objet, le visiteur, le marché, etc...

La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le Grand Verre) : l’œuvre des œuvres racontée par Marcel Duchamp (archives Ina/RadioFrance)

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La Mariée mise à nu...

La partie supérieure est composée d’éléments « féminins », dont La Mariée, représentée par une silhouette et des formes géométriques, la « voie lactée », sorte de nuage percé de trois carrés.

La partie inférieure, plus complexe, de couleur beige, brune et mordorée, est le domaine du masculin. On y trouve « neuf moules mâliques » figurant les célibataires en uniforme de mâles (gendarme, livreur, prêtre..), gonflés d’un gaz nommé désir, des rouages (ciseaux, tamis, broyeuse de chocolat, car, comme chacun sait « le célibataire broie son chocolat lui-même » !) et sur la droite, ce que Duchamp appelle « les témoins oculistes ».

André Breton, au sujet de cette œuvre :

Nous nous trouvons ici en présence d’une interprétation mécaniste, cynique, du phénomène amoureux : le passage de la femme, de l’état de virginité à l’état de non-virginité pris pour thème d’une spéculation foncièrement asentimentale.

Commencée en 1915 et laissée « définitivement inachevée » en 1923, elle a été exposée au musée de Brooklyn en 1926 ; brisée accidentellement, elle a été réparée par Duchamp qui y a intégré bris de verre et poussière. La Mariée mise à nu par les célibataires , même est aujourd’hui conservée au Musée des Beaux-Arts de Philadelphie, au sein de la collection Louise et Walter Arensberg.

Une exposition de peinture et dessins pour comprendre La Mariée...

Marcel Duchamp n'est jamais qualifié de peintre mais d'artiste. Il lui importait beaucoup de savoir ce qu'était exactement un artiste.NAVoici la réponse de Marcel Duchamp en 1961 (archives INA/ Radio France)

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Marcel Duchamp - La peinture

Marcel Duchamp Nu descendant l'escalier n°2
Marcel Duchamp Nu descendant l'escalier n°2 © corbis the philadelphia Museum of art / succession Marcel Duchamp

Marcel Duchamp  a répliqué, inventorié, ses travaux de peintures dans sa Boîte-en-Valise, pour la postérité et ceux qu’il appelait « les regardeurs ». Ces peintures sont enfin montrées dans l'exposition du Centre Beaubourg, avec les documents d'étude que l'artiste a utilisés.

Ce sont des dessins humoristiques au Nu descendant l’escalier, des mathématiques au thème de la Mariée, des ouvrages de perspective aux films d'Étienne-Jules Marey ou de Georges Méliès, de l’impressionnisme au cubisme, de Cranach l’Ancien à Édouard Manet ou Odilon Redon.

Ces documents montrent son intérêt pour les sciences optiques, physiques et mécaniques.

Du goût, de l'art et du faire : 

La leçon de Marcel Duchamp (archives INA/Radio France)

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Marcel Duchamp - Le goût, l'art et le faire

Ne manquez pas Marcel Duchamp, la peinture même au Centre Pompidou à Beaubourg  du 24 septembre 2014 au 5 janvier 2015

Un évènement France Inter

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Daniel Cordier, devant Prière de Toucher, de Marcel Duchamp
Daniel Cordier, devant Prière de Toucher, de Marcel Duchamp © Christine Siméone / Christine Siméone

L’œuvre que Daniel Cordier préfère, accrochée au mur, c'est Prière de toucher de Marcel Duchamp. 

Il s’agit d’un sein postiche collé sur la couverture du catalogue de l’exposition Le Surréalisme en 1947, organisée avec André Breton à la galerie Maeght (Paris). Au dos du catalogue on lit "Prière de Toucher", contrairement à ce que l’on écrit devant les œuvres quand elles sont exposées dans un musée.

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