Ainsi vont les hommages et les rétrospectives. Tout d'un coup, tout devient uniforme, monocolore et monomaniaque. Une expo, des livres, des DVD à gogo : le mois sera donc fellinien ou ne sera pas. Amarcord, amorcord à n'en plus finir. On s'en souvient tous de Federico. Tous unis derrière lui ! Un cinéaste ? Fellini ! Des films ? Fellini ? Etc. Et comment s'en plaindre ? Fellini, c'est un cinéma monstre formidable, avec des images qui vous restent à vie, un carnaval de prose féérique et de poésie triviale, un assaut de souvenirs et de télescopages. Une vie rêvée au cinéma en quelque sorte. Franchement se plaindre d'une inflation de Fellini, ce serait comme faire la moue devant un Hermitage blanc ou rouge d'un grand domaine et d'une grande année. Ce serait une hérésie tout simplement. Alors derrière l'avalanche fellinienne, on songe simplement à celles et ceux qui vont découvrir pour la première fois l'étrange univers du maestro. C'est pour eux que vaut tout ce grand Barnum médiatique. Au fait, "On aura tout vu" consacre en grande partie son émission de vendredi prochain à... Fellini en recevant un éxégète hors pair, Jean A Gili et une actrice fellinienne en diable, Magali Noël. Comme quoi, on peut critiquer et participer, grand écart compris. On se régale par avance d'entendre la langue fellinienne et autres évocations et souvenirs riminiens. Tant pis, il est bon parfois de nager dans le courant : c'est fluide, agréable et enivrant !Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?"Le papillon. Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur."Jules Renard, "Histoires naturelles"

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