France Inter à l'heure américaine à la Cour de l'hôtel 'Le Normandy'

- le grand Entretien : vendredi 31 août à 17h avec William Friedkinet un enregistrement le samedi 1er septembre, 11h30 à 12h30.

Le Festival du Cinéma Américain continue d’explorer la société américaine à travers ses cinéastes. La compétition, les premières, les documentaires, les séries télévisées nous font sociologues et spectateurs de l’Amérique. Les films présentés inclinent à penser un cinéma indépendant fort et dominant. La sélection cannoise battait déjà ce pavillon. Notre Festival a toujours souhaité repousser toute frontière du genre ou de production. Seuls les films comptent et Deauville se veut le Festival du Cinéma Américain , pas le festival du cinéma américain indépendant, pas le festival du cinéma américain de studio, pas le festival du cinéma américain des riches ou des pauvres, pas le festival du cinéma américain d’auteur.

Accompagner les talents dans leur expression cinématographique, à travers les oeuvres ou à travers la transmission par le verbe (conférences, tables rondes, rencontres, leçons de cinéma…), reste notre priorité. Dans un monde où la dispersion de l’image occulte la puissance du regard, il nous incombe de révéler et de faire découvrir les beautés de demain. La diversité et la richesse de la compétition, aujourd’hui mature avec14 films dont 7 premiers , vont dans ce sens. Peut-être n’est-ce pas un hasard si, cette année, à travers les groupes Radio France et France Télévisions , le service public, qui s’intéresse au bien pour tous, est partenaire du Festival. La politique est le bien de la cité et doit, de notre point de vue, être au service de ce qui l’élève…L’Art.[...]

Les hommages

Cette année le festival rendra hommage, en sa présence, à William Friedkin avec la projection de son dernier opus, Killer Joe.Le Festival du Cinéma Américain de Deauville continue son travail de redécouverte du patrimoine du cinéma américain en accueillant ce grand cinéaste. Melvin Van Peebles a pratiquement toujours travaillé en dehors du circuit traditionnel des studios américains.Le Festival est heureux d’honorer Liam Neeson . On pourra le voir dans Taken 2 présenté cette année en avant-première au Festival de Deauville.Des hommages seront rendus à Harvey Keitel , à Salma Hayek .Le cinéma récapitule tous les imaginaires créatifs dont le plus doux à nos oreilles : la musique. Ainsi le Festival rendra hommage à John Williams compositeur de plus d’une centaine de musiques de films dont celles des plus grands succès de Steven Spielberg. A cette occasion, l’orchestre philharmonique de Radio France jouera au théâtre du Casino quelques-unes de ses oeuvres les plus fortes.

Quelques rendez-vous

François Guérif et Nicolas Saada, cinéphiles, écrivains, cinéaste, historiens du cinéma, animeront une discussion publique sur l’influence de Jean-Pierre Melville dans le cinéma américain , montrant que depuis tout temps, le cinéma made in USA a, dans son génie, su intégrer les influences européennes. David McKenna , professeur à l’université de Columbia, viendra en partenariat avec l’ESRA (Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle), nous livrer une analyse du Grand Prix de l’année dernière Take Shelter, devant un parterre d’étudiants, mais également accessible à tous. [....]Bien sûr, dans la section « Les Premières » , d’autres films seront présentés, certains sont des événements sans cinéma et d’autres du cinéma sans événement, mais tous portent le sceau du plaisir promis. Quelques exemples :Jason Bourne : L'Héritage, bien sûr, dont tous les épisodes furent présentés à Deauville, montrant notre fidélité aux histoires liées au Festival. Après Matt Damon, c’est Jeremy Renner, qui reprend le rôle aux côtés de Rachel Weisz [...]L’un des succès surprise de l’été aux Etats-Unis, TED , qui nous montrera que les oursons en peluche, quand ils grandissent, ne sont pas à mettre entre les mains de tous les enfants.Elle s'appelle Rub de Jonathan Dayton & Valérie Faris, qui nous donnera l’occasion d’accueillir Paul Dano, à qui nous avons attribué le « Nouvel Hollywood ». Après Ryan Gosling l’année dernière, c’est à cet acteur juvénile et puissant que vous avez pu découvrir dans Little Miss Sunshine ...

Un objet piquant de sensualité, rimant parfois avec trivialité, vous sera dévoilé avec Bachelorette , histoire de jeunes filles qui bourgeonnent, interprétées par Kirsten Dunst, Isla Fischer et Lizzy Kaplan.Enfin, la joie d’accueillir en clôture, le dernier film d’Oliver Stone , Savages , avec Salma Hayek, à qui nous dédions un hommage pour avoir rendu heureux tant de héros fatigués.Fort du succès des éditions précédentes, « Deauville Saison 3 » sera l’occasion de réunir scénaristes américains et français pour une réflexion commune sur l’écriture et, pour le public, de découvrir des inédits des séries télévisées de demain.

Depuis l’année dernière, nous donnons également une « carte blanche » à un créateur hors du champ cinématographique, qui vient nous raconter sa préférence. Ce seraAgnès b. qui nous montrera cette année les films de sa cinémathèque personnelle.

Deux autres prix traditionnels remis chaque année : le Prix Michel d’Ornano , à Rengaine de Rachid Djaïdani et lePrix littéraire Lucien Barrière remis à Percival Everett pour son roman Pas Sidney Poitier.

Ce panorama ne serait pas complet si nous n’honorions pas, dans le patrimoine américain, la diversité qui fait sa richesse. C’est à un cinéaste précurseur et révolutionnaire à qui nous rendrons hommage : Melvin Van Peebles , dont le film Sweet Sweetback's Babasssss Song , sorti en 1971, fut un coup de tonnerre et l’acte fondateur de la Black Exploitation. On peut penser que sans Melvin Van Peebles, les films de Charles Burnett, Spike Lee, ou la série de Shaft n’auraient pas existé. Rajoutons que, sur la bande son de ce film, figuraient des inconnus du nom de Earth wind and Fire. Nous aurons la chance d’accueillir ce metteur en scène sur les Planches.

Rappelons que pour les cinéphiles noctambules et insatiables, le Festival reste ouvert 24h/24 avec « Les Nuits américaines » , soutenues par le groupe Lucien Barrière.

Voilà le cru 2012, qui montre un Festival racé, tannique, bouqueté et, pour tout dire, à déguster sans modération.

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