Le festival Lumière , entièrement dédié à l’histoire du cinéma et destiné au grand public, connaîtra sa 3e édition.

Une fois par an, la ville natale du Cinématographe Lumière invite le monde du cinéma (cinéastes, acteurs, critiques, techniciens, historiens, écrivains...) pour y célébrer sa vitalité et sa mémoire. Cette année, près de 190 séances seront proposées pendant une semaine dans les salles de cinéma et de spectacle du Grand Lyon, présentées par des personnalités. Des cinémas art et essai aux grands multiplexes, chaque spectateur trouvera une salle près de chez lui. À travers une visite contemporaine aux œuvres du passé (rétrospectives, hommages, copies neuves…), le festival Lumière présente les nouvelles tendances de la cinéphilie mondiale grâce aux ressorties, aux restaurations et à l’édition DVD.

Au cœur du festival, le Prix Lumière est remis à une personnalité du cinéma pour l’ensemble de son œuvre et pour le lien particulier qu’elle entretient avec l’histoire du cinéma. Comme lors des deux précédentes éditions, nous sommes fiers du soutien apporté par les 300 bénévoles qui participent au festival : accueil et information du public, accompagnement des invités sur les différents lieux du festival répartis dans toute l’agglomération.

Gérard Depardieu
Gérard Depardieu © Festival Lumière

Prix Lumière

Le Prix Lumière récompense une personnalité pour l’ensemble de son œuvre et pour le lien qu’il entretient avec l’histoire du cinéma. Le prix est attribué à Gérard Depardieu .

L’Institut Lumière est souvent le théâtre de ces moments magiques : l’émotion communicative des cinéastes français ou étrangers lors de leur arrivée rue du Premier-Film, face au Hangar des origines. Émotion non dénuée d’ironie parfois (Elia Kazan : « Dites, vous êtes sûr que c’est bien Lumière et pas Edison ? » ; André de Toth, devant le portrait de Louis, dans le jardin d’hiver : « Alors, tout ça est donc de ta faute ? ») mais qui ne cache pas un étonnement ravi et toujours renouvelé : littérature, musique, peinture, et les autres arts ont-ils un lieu d’origine repérable ? Pour le cinéma(tographe), il y a la rue du Premier-Film, à Lyon-Monplaisir, France.

C’est d’abord pour garder la mémoire de cette émotion que le Prix Lumière est créé. Mais c’est aussi parce qu’il faut savoir dire notre gratitude aux artistes, à ceux qui habitent nos vies, qu’il fallait, à Lyon, ville natale du Cinématographe, créer cette distinction. Une distinction qui s’appuie sur le temps, la reconnaissance et l’admiration. Comme l’a écrit Victor Hugo, que cite souvent Bertrand Tavernier : « J’admire comme une brute ». Et cette admiration circule intensément dans l’histoire du cinéma, parce que les comédiens et les metteurs en scène, loin ou proches, se parlent, s’inspirent, s’encouragent.

William A. wellman

dePublic Enemy (1931) àConvoi defemmes (1951)

William A. Wellman (“A” pour Augustus) est un cinéaste qui pose les bonnes questions à celui qui veut étudier l’histoire et le fonctionnement du cinéma américain. En particulier les questions idéologiques. On continue à ignorer une bonne partie de son œuvre, en particulier toute la période des années trente, peut-être la plus stimulante. J’aime citer cette phrase de Manny Farber : “Les films de Wellman traitent de héros qui sont assis à ne rien faire.” Wellman est un cinéaste à découvrir . » Bertrand Tavernier.

Convoi de femmes
Convoi de femmes © MGM - Festival des Lumières

Parmi les films montrés, on pourra voir des films muets comme Les Ailes (Wings , 1927) ou LesMendiants de la vie (Beggars of Life , 1928), des films des années trente comme Other Men’s Women (1931), L’Ennemi public (The Public Enemy, 1931), Héros à vendre (Heroes For Sale , 1933), Wild Boys of the Road /Les Enfants de la crise (1933), La Joyeuse suicidée (Nothing Sacred , 1937), puis les films de la dernière période : L’Étrange incident (The Ox-Bow Incident , 1943), Les Forçats de la gloire (Story of G.I. Joe , 1945), La Ville abandonnée (Yellow Sky , 1948), Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri , 1951) ou encore Convoi de femmes (Westward the Women , 1951). [….] À l’occasion de cette rétrospective, le festival Lumière s’associe à Théâtre du Temple pour ressortir en copie neuve L’Ennemi public et La Ville abandonnée . Plusieurs titres seront présentés dans des copies restaurées, parmi lesquels : Les Mendiants de la vie , Les Forçats de la gloire

Casque d'or - Simone Signoret
Casque d'or - Simone Signoret © Festival Lumière

Le temps retrouvé

C’est une sélection de copies restaurées et de copies neuves. À l’ère du numérique, des techniques abouties de restauration, des nombreuses possibilités d’accès aux films, il ne faut pas perdre de vue combien est précieux le travail effectué par les différents acteurs du patrimoine cinématographique sur ces questions de conservation, sauvegarde et restauration de films. Car les archives, les studios ou maisons de production prennent soin de leur patrimoine et redonnent aux œuvres de leur catalogue leur beauté originelle, grâce en particulier aux technologies numériques les plus avancées. Ainsi, à découvrir, une sélection des grandes restaurations initiées à travers le monde cette année.

Quelques titres à découvrir en copies restaurées ou copies neuves :

La Loi de la frontière d’Akad Lüfti (Hudutlarin Kanunu , 1966), restauré par la World Cinema FoundationLa Machine à tuer les méchants de Roberto Rossellini (La macchina ammazzacattivi , 1952), restauré par Cinecittà Luce, CSC-Cineteca Nazionale, Cineteca di Bologna et Coproduction Office.L’Assassin d’Elio Petri (L’assassino , 1961) restauré par le Museo nazionale del cinema di Torino avec la collaboration de la Cineteca di BolognaQuai des brumes de Marcel Carné (1938) restauré par Studio Canal et la Cinémathèque françaiseLa Zone de la mort de Victor Trivas (Niemansland , 1931) restauré par les Archives françaises du film du CNCLumière d’été de Jean Grémillon (1943) restauré par SNCLa Horse de Pierre Granier-Deferre (1970) restauré par SNCPortrait d’une enfant déchue de Jerry Schatzberg (Puzzle of a Downfall Child , 1970) ressortie en salles par Carlotta Films.

Les enfants du paradis
Les enfants du paradis © Pathé cinéma - Festival des Lumières

Déjà classique

Créée l’an dernier, cette section est là pour célébrer les films français des années 1970 dont les auteurs sont encore en activité et disponibles pour évoquer leurs films faisant désormais partie de l’histoire du cinéma et devenus des "classiques". Car plusieurs générations de spectateurs ont aimé le cinéma français à travers ces films qui appartiennent désormais à la mémoire collective et sont des références dans le parcours de découverte du cinéma de chacun.

Quelques titres présentés à Lumière 2011 :

Le Sucre de Jacques Rouffio (1978),La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan (1969),Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau (1975) en présence des réalisateurs.

De la terre à la lune

Vous pouvez voir et revoir dans le cadre de la nuit de la science-fiction le Voyage dans la lune de Georges Méliès (1902) à Blade Runner de Ridley Scott (1983), en passant par Soleil vert de Richard Fleischer (Soylent Green , 1973), le meilleur du cinéma de science-fiction sur le grand écran de la Halle Tony Garnier.

Et aussi

Le festival vous propose un ciné-concert à l’auditorium de Lyon avec au programmeLes Quatre cavaliers de l'Apocalypse de Rex Ingram, avec l’Orchestre national de Lyon . Cette soirée est proposée par Photoplay Productions. Introduction : Kevin Brownlow.

le voyage dans la lune / 2001 l'odyssée de l'espace
le voyage dans la lune / 2001 l'odyssée de l'espace © Radio France

Une avant-première Bollywood ,the greatest love story ever told . C’est Un montage virevoltant et émouvant dans lequel le producteur Shekhar Kapoor et le réalisateur Jeff Zimbalist rendent hommage à ce cinéma qui a contribué à fonder l’identité de l’Inde dans le monde et à faire de Bombay l’une des capitales mondiales de l’histoire du cinéma. En présence de Shekhar Kapoor et Jeff Zimbalist.

Les villages du festival sont à votre disposition avec une grande boutique de DVD classiques et des nouveautés. Vous pourrez en début de soirée rejoindre les personnalités invitées par le festival pour des rencontres informelles.

Tous les jours, grâce aux élèves de l’École Normale Supérieure et les étudiants de l’Institut d’ÉtudesPolitiques , le quotidien du festival, Rue du premier-film sera publié chaque matin, sur internet, et distribué en format papier sur les sites du festival (salles de cinéma, villages, hôtels…).

Thierry Frémaux parle d' Helmut Berger

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