Hier, juste après l’émission sur Inter, je file au Centre Pompidou, à Paris, pour participer comme invité à l’émission quotidienne de Julie Clarini et Brice Couturier, « La suite dans les idées », sur France Culture. Deux heures avant la cérémonie des César, il s’agissait de s’interroger sur la comédie à la française en compagnie de Michel Munz (le co-scénariste de « La Vérité si je mens 1 et 2 » avec son complice Gérard Bitton), le cinéaste Pascal Thomas et le producteur Patrick Sobelman. Retour sur les danybooneries de la semaine passée, évocation d’une spécificité scénaristique française, regard rétrospectif sur les grands succès commerciaux et les échecs critiques,… Nous avons tenté d’éclairer un peu cette terre cinématographique particulière. J’ai senti Pascal Thomas un brin détaché de tout cela et Michel Munz plutôt concentré, ce qui est bien normal, sur la sortie prochaine du nouveau film qu’il a co-écrit et co-réalisé avec Bitton, « Erreur de la banque en votre faveur ». Quant à Patrick Sobelman, producteur entre autres des films de Robert Guédiguian, il pouvait se targuer d’aider à la naissance de comédies « exigeantes » loin des « Camping », « Disco » et autres « Cocos » indigents. Hors micro, après l’émission, nous parlons, lui et moi, des César. Je lui dis mon espoir de voir « Un conte de Noël » largement récompensé. Sans me donner son sentiment personnel, il m’annonce tranquillement ce qui sera quelques heures plus tard l’événement de cette cérémonie des César 2009 : la victoire quasi totale de « Séraphine », outsider parfait qui, selon mon interlocuteur, aura évité aux votants d’avoir à choisir entre Desplechin et Richet (« Mesrine »), notamment. L’analyse était impeccable, monsieur Sobelman ! Bravo !Ce matin, je réponds à l’invitation de « TV5 Monde » pour réagir aux… César. Une bonne occasion de me réjouir à nouveau du prix du meilleur film étranger attribué avec justesse à « Valse avec Bachir », l’injuste oublié de Cannes et des Oscar. A propos de ce film d’animation hors norme, le commentateur de « TV5 Monde » dans le sujet qui précéde mon intervention prône l’idée qu’il faudrait un César du film d’animation. Décidément Dany Boon fait des ravages et la culture des palmarès en tranches, des émules. Serait-il bien raisonnable de faire concourir « Valse avec Bachir » dans la même catégorie que « Wall E » ou « Kirikou » ?! Que dire sur la cérémonie des César proprement dite ? Trop longue, comme d’habitude, des sketches pas forcément très inspirés et des « heureux lauréats » trop paresseux. A mon sens, c’est Florence Foresti qui dans son numéro de comédienne foldingue s’en est le mieux tiré. Regardant et interpellant avec concupiscence Sean Penn assis au premier rang, elle fut déstabilisée par le professionnalisme de l’acteur-réalisateur qui ne s’en laissa pas conter. Tout comme Dustin Hofmann fut absolument parfait en faux modeste. Bref, côté show, l’oncle Oscar a prouvé au neveu César sa suprématie…La phrase du jour ? « Ce qui fait la beauté d’une femme, ce n’est pas ses traits ou ses mensurations, c’est ce qu’elle peut devenir. »Jean-Louis Trintignant

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