Desplechin, Kechiche, Ozon et Des Pallières : à ce quatuor franco-français, on pourrait sans trop de mal ajouter les nouveaux films des très francophiles et francophones Valéria Bruni-Tedeschi (ciel ! une réalisatrice !) et Roman Polanski. Sans compter les nombreux films de la compétition officielle qui ont un financement ou un casting français (ou les deux à la fois). Quoi de plus réjouissant que cet état de fait, alors que paradoxalement le cinéma hexagonal connait dans les salles de cinéma un léger coup de mou (mérité il est vrai dès lors que ledit cinéma est porté par le dernier film de Danièle Thompson, entre autres idioties indignes) ? Au moment donc où tant de bons esprits annoncent l'ère du déclin culturel comme inéluctable, quoi de mieux que cette bouffée d'air frais ? Cocorico ? Là n'est pas la question ! On se réjouit simplement de cette emprise qui n'a rien d'un empire, des lors qu'elle s'applique à un cinéma d'auteur auquel on tient ici et ailleurs. Le Festival de Cannes émet ainsi un signe des plus positifs, une peu modeste et décisive contribution aux débats en cours sur la nécessité absolue de ne pas pénaliser financièrement la production des films dits "du milieu", ceux qui précisément occupent une place prépondérante dans cette sélection cannoise. Et ce d'autant plus que le cinema francais joue la carte d'un universalisme offensif et combattant sans lequel il est manifesté que nombre de cinéastes étrangers, connus ou inconnus, ne pourraient plus faire des films...Cette année, on ira donc sur la Croisette en sifflotant un petit air connu : "Ah ! Ça ira, ça ira ! " et en y ajoutant, peut-être, "les experts-comptables à la lanterne"....

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