Enfin je peux parler d’un film que je suis le seul à avoir vu à Cannes ! Je l’ai vu dans la nuit de mercredi à jeudi. Il m’a fallu 24 heures chrono pour m’en remettre, d’où ce compte rendu un peu tardif. Son titre : « Comment je me suis fait piquer mon portefeuille la nuit dans ma chambre d’hôtel, alors que je dormais du sommeil du juste critique (ma vie désolante) ». Réalisateur : X. Acteur principal : X. Comble du bonheur et de la singularité : l’équipe de tournage, histoire de rentabiliser les frais de repérage a immédiatement tourné un remake avec cette fois un producteur italien dans le rôle muet du type qui dort ! Oui, c’est aussi cela Cannes, des films en direct et la vraie vie qui se rappelle à votre bon souvenir. Dans le cas présent, un film nul mais qui me permet de rappeler quelques règles simples de la vie en société du genre « Enfermez-vous à double tour surtout dans un 3 Etoiles », « Organisez des tours de garde avec vous-même » « Evitez d’aller retirer de l’argent la veille du cambriolage » « Attendez quelques années avant d’utiliser le superbe et seyant portefeuille que l’on vient de vous offrir ». Le pire dans cette histoire, c’est que l’on perd et pleure ce qui n’est rien pour votre voleur mais beaucoup pour soi : une photo de…., un petit mot de…. Enfin, je peux vous assurer que la police scientifique existe bel et bien : hier ma chambre a été en partie recouverte d’une fine pellicule noire, histoire de repérer les empreintes de mon voleur. Echec total, mais je m’y croyais ! L’autre résultat de cette petite nuit noire, c’est que je n’ai pu aller voir le film de Pablo Trapero pourtant en compétition. Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, j’ai du constater ensuite que Leos Carax avait perdu son énergie : sa contribution au film « Tokyo » m’ a laissé un goût amer et triste dans la bouche. Comme la lointaine nostalgie des beautés fulgurantes de Binoche et Lavant dans « Mauvais sang ». Plus rien de tout cela ici. Juste une pochade grimaçante où Lavant et Balmer se ridiculisent. Par ailleurs, la tendance « Politiquement Croisette » que le président Penn avait appelé de ses vœux lors de sa conférence de presse a été confirmée hier avec la projection de « Hunger », film d’ouverture de la sélection « Un certain regard « (hors compétition officielle). Ce film réalisé par Steve McQuenn (non pas lui, l’autre !) m’a laissé à sa façon un autre goût amer mais ceci est une autre histoire et j’y reviendrai. Promis ! Pendant ce temps, les Ch’ti cannois sont de Roubaix et forment l’équipe du nouveau et merveilleux film de Desplechin, « Un conte de Noël (FI) : leur montée des marches à eux, c’est ce soir. Vive ce Nord !

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