Pour l’instant, ils sont donc 19. Le jour de l’ouverture du Festival, ils seront un peu plus, dont un troisième film français. La Palme d’Or est parmi eux. Non ? Si ! Mais, là maintenant, ce devrait être le temps des commentaires avisés : « Elle est curieuse cette sélection, non ? » « Je vous avais bien dit que le film d’Agnès Jaoui n’y serait pas. Elle n’a plus la carte, hein ? » « Wenders, Eastwood, Salles, Egoyan, Dardenne.. ras-le-bol, toujours les mêmes » « C’est qui tous ces inconnus ? Ari Folman, Kornel Mundruczo, Matteo Garrone… ce n’est plus une sélection, ça, c’est une mauvaise nouvelle version de « Mon nom est Personne » », j’en passe et des plus affligeantes encore. En fait, un Festival est déjà ouvert, c’est celui des calembredaines, billevesées et autres sornettes. Les milieux autorisés du cinéma s’autorisent à dire n’importe quoi sur une sélection de films qu’ils n’ont pas vus. Les tristes figures du Ministère des Avis ont à Cannes comme ailleurs, une même devise, la boutade popularisée par Michel Boujut : « Je ne vais pas voir les films dont je parle, ça pourrait m’influencer ». Je vous le dis tout net, au risque de vous décevoir : je n’ai strictement aucun jugement sur cette sélection. Ou plutôt si, pardonnez-moi, j’ai une opinion bien tranchée, ferme et définitive : je veux tous les voir, ces films palmables et je les verrai tous. Cette sélection, comme toutes les autres à pareille époque, me donne l’eau à la bouche. Vous vous rendez compte le nouvel Eastwood, le nouveau Dardenne, le nouveau Desplechin ? Des promesses, une envie furieuse, les délices de l’attente, c’est ça aussi le cinéma. Pour les éventuelles désillusions, pour les possibles lendemains qui déchantent (mais attention, hein, devant le Carlton et nulle part ailleurs…), on verra plus tard. Ici, à Cannes, et maintenant, Camarades, le seul mot d’ordre doit être : « Ici sont les films, ici tu dois danser ». Et pendant ce temps-là, à quel score en étaient les Ch’tis ?

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