"Grandir" le nouveau film de Dominique Cabrera est dans les salles depuis ce mercredi. Vu à Cannes cette année, un post de ce même blog lui fut intégralement consacré, lors de sa présentation cannoise précisément.

Grandir
Grandir © radio-france
C'est un film qui bouleverse, c'est un film et intranquille et apaisé. C'est un film qui déroute manifestement certains de mes confrères, et singulièrement une consoeur du "Monde" qui cette semaine a expédié le film en quelques lignes lesquelles (comme souvent...) en disent plus long sur leur auteur que sur l'oeuvre ainsi massacrée. "N.Lu", comme il est indiqué au bas de ces petites lignes, doit assurément estimer que "ni le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face" et rejette ainsi ce que Dominique Cabrera ose tenter de regarder en face, n'en déplaise et à N.Lu. et à La Rochefoucauld ! C'est bien pourtant ce qui fonde la démarche d'un documentaire qui partant d'une pratique commune, banale et universelle (le film de famille, caméra légère au poing) parvient à fouiller l'intime au plus profond de nos êtres et de nos âmes. De la petite fille Dominique à la femme Cabrera, il y aura donc une vie et la nécessité de "grandir" avec les autres : les parents, les frère et soeur, les vivants, puis les vivants et les morts ensemble. Ce film ne raconte "que" cela ! L'essentiel donc ! Mais on peut lui préférer d'autres films comme cet "Imagine" sorti la même semaine, film de trucs et de toc sur la cessité et sa lourde métaphore cinématographique... Non, décidément, pour notre part, on en restera à ce "Grandir" de Dominique Cabrera laquelle, de film en film, interroge la notion du vivre et être ensemble, du faire famille ou faire groupe (de militants autour du brasero ou de fous en pleine débâcle, c'est du pareil au même). Et qui ne voit que cette notion est au coeur de nos vies ? Qui ne voit que son interrogation individuelle et collective est de toute première nécessité ? Alors oui, le film de Cabrera risque de vous être nécessaire et utile et proche, comme il le fut et l'est pour moi. A condition évidemment que vous acceptiez de tout regarder en face : le vif et le mort, le su et le tu, l'image d'hier et son reflet d'aujourd'hui. C'est à ce voyage que nous convie Dominique Cabrera avec ce "Grandir" si beau, si bouleversant, si définitivement humain.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.