France Inter vous invite à une visite privée avec conférencières le vendredi 23 mai entre 19h et 22h.Pour s'inscrire, cliquez ici

Sans lui, elle n’existerait pas. La Cinémathèque Française rend hommage à son créateur au travers d’une exposition, de rétrospectives, de conférences, d’ouvrages, d’activités pour le jeune public.

Henri Langlois a donné chaque vingt-quatrième seconde de sa vie pour sortir toutes ces voix de leurs nuits silencieuses, pour les projeter dans le ciel blanc du seul musée où se rejoignent enfin le réel et l’imaginaire - Jean-Luc Godard

"Ce n'est pas une exposition d'histoire du cinéma, c'est une exposition d'histoire d'un amour du cinéma ou de l'amour du cinéma tout court."Savant, pittoresque, dénué d'esprit de sérieux, pédagogue, poète, les mots manquent pour qualifier la personnalité protéiforme et géniale d'Henri Langlois. Son projet était extravagant, mais il l'a porté pendant près de 50 ans. Et pourtant, au départ, ce n'est pas le cinéma qui avait sa faveur. Explications avec Dominique Païni, le commissaire de l'exposition "Le musée imaginaire d'Henri Langlois".

"Ce n'est pas une exposition  d'histoire du cinéma, c'est une exposition d'histoire d'un amour du cinéma ou de l'amour du cinéma
"Ce n'est pas une exposition d'histoire du cinéma, c'est une exposition d'histoire d'un amour du cinéma ou de l'amour du cinéma © / Enrico Sarsini

Le cinéma vous force à vous asseoir, vous oblige à le subir. Vous devez subir "A travers l’orage" de Griffith depuis la première image jusqu’à la fin. Le cinéma se défend. Aller à travers un Griffith pendant deux heures est une épreuve qu’il faut subir ou s’en aller.[…] On a beaucoup reproché à La Cinémathèque Française, mais il est une chose qui ne nous a jamais été reprochée, et qui est tout à l’honneur de l’esprit public c’est de n’avoir jamais renoncé à projeter des films de qualité, même s’ils n’intéressent que quelques-uns - Henri Langlois - Les Cahiers du Cinéma, 1962

Dès son plus jeune âge Langlois aime le cinéma. En 1933, pour protester contre la décision de son père qui veut l'inscrire à la faculté de droit, il se saborde volontairement aux épreuves du bac, en rendant page blanche, puis en allant au cinéma. "Moi j'étais la brebis galeuse de la famille. J'aimais trop le cinéma" dira-t-il. Mais de là à décider de collecter tous les films de la planète.... Pourquoi Langlois s'est-il lancé dans cette aventure, Dominique Païni a son idée sur le sujet.

Après avoir beaucoup "voyagé", la cinémathèque s'est posée il y a bientot dix, en bord de Seine, à quelques encablures de Bercy. Le lieu répond au souhait émis par Henri Langlois. Voilà ce qu'il disait aux Cahiers du Cinéma dans une interview fleuve en septembre 1962 :"_Indépendamment de la collection, pour moi, une cinémathèque c’est un musée avec une salle de projection ; dans ce musée, il faut pouvoir initier les masses et pouvoir également donner satisfaction aux cents personnes qui s’intéressent passionnément au patrimoine cinématographique.C’est aussi une bibliothèque où il faudra pouvoir mettre à la disposition des chercheurs une copie 16 mm de tous les films pour vision.C’est aussi un foyer, un centre de rayonnement partout présent sous forme de manifestations temporaires, partout où il est possible de contribuer à l’expansion de la culture cinématographique.Mais tout cela, c’est l’idéal._ " Dominique Païni résume très joliment et en deux phrases l'héritage de Langlois
Henri Langlois et François Truffaut
Henri Langlois et François Truffaut © Radio France / Michel Wolfender
> Moi, ce qui m’intéresse, c’est qu’on fasse de nouveaux films.[...] Pour moi, la victoire de la Cinémathèque c’est d’avoir rendu possible Les Quatre Cents Coups, Le Beau Serge, Paris nous appartient, Le signe du Lion, A bout de souffle, comme Le Rideau cramoisi, Paris 1900, d’avoir aidé Resnais et Rouch, d’avoir contribué jadis à Milan et à Rome, en 1938 et 1939, à la genèse, aux sources du néo-réalisme - _Henri Langlois - Les Cahiers du Cinéma, 1962_ ### En marge de l'expo **Lundi 14 avril** à 19h**_Conférence : "Le musée imaginaire d'Henri Langlois" par Dominique Païni_** La toile du "web" offre désormais l’accès à tout ou partie de nombreux films, y compris ce qui fut considéré comme des objets perdus par les précédentes générations.Alors, quel sens cela a-t-il de réfléchir aujourd’hui, par une exposition, à la création de l’oeuvre d’Henri Langlois : La Cinémathèque française ?_Directeur de La Cinémathèque française de 1991 à 2000, Dominique Païni est le commissaire de l’exposition "Le Musée imaginaire d’Henri Langlois"._ À la suite de la conférence, à 21H30, projection d’un film choisi par le conférencier : Solitude de Paul Fejos.**Lundi 2 juin** _**Journée d’études : "Henri Langlois, aujourd’hui"**_ Conférences, lectures, table ronde, projections.Une Journée qui rassemblera historiens et acteurs de cette histoire, des cinéastes français et étrangers qui, au contact de cette "école" si singulière, ont appris l’histoire du cinéma et lui ont donné une suite. **Les 12 et 13 avril_Un week-end de cinéma_** Pour inaugurer le Palais des Congrès en 1973, Henri Langlois avait imaginé une programmation non-stop de cinéma simultanément dans toutes les salles du lieu.Le week-end du 12 et 13 avril recréera, dans les 3 salles de La Cinémathèque française, de midi à minuit, ce moment, à l’occasion d’une orgie de films témoignant du regard à la fois éclectique, sûr et globalisant de celui pour qui le cinéma était un.
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