Un pur régal ! On sait gré à Thierry Fremaux de ne pas mettre dans sa poche de smoking son amour pour les films de genre. C’est ce qui nous vaut d’avoir vu ce soir (en 3D hélas, mais j’arrête de déblatérer sur ces lunettes iduites et cette vaine recherche de la prétendue profondeur) le nouveau film du cinéaste japonais Takashi Miike, « Ichimei ». Ne comptez pas sur moi pour vous raconter l’histoire sous titrée « Hara-kiri : Mort d’un samouraï ». Ce serait vous priver le moment venu du plaisir de la découvrir sur grand écran au fil d’un récit parfaitement maîtrisé. On revient ici à la vocation narratrice du cinéma et c’est très bien ainsi. Il faut se laisser aller à l’histoire que l’on vous raconte en se laissant surprendre par le tour progressivement moral qu’elle prend. De ce conte de vie et de mort surgissent des figures archétypales (le père, la fille, l’enfant, le gendre, le chef, le clan, …) dont chaque élément va prendre place au sein d’un puzzle particulièrement déroutant et beau. Tout est pourri au royaume des samouraïs que la paix rend inactifs et pauvres. Tout y est d’autant plus pourri que le vieil honneur intransigeant refuse même les simulacres pour sauver la face et plus encore des vies fragiles. Miike frappe fort parce qu’il refuse les facilités du récit, prend le temps de déployer son histoire, joue de la violence inévitable mais sans complaisance et filme au plus près des corps. Une leçon de narration et de cinéma, que demander de plus, surtout quand on acru sa journée de cinéphile définitivement gâchée par « La Conquête »…

ICHIMEI
ICHIMEI © radio-france

ICHIMEI
ICHIMEI © radio-france

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.