Mes excellents confrères de « Studio Ciné Live » font leur nouvelle une avec Marion Cotillard et « son musée imaginaire, son cinéma, ses passions, ses engagements, ses coups de cœur ».À l’intérieur du magazine mensuel, huit pleines pages viennent concrétiser cette promesse de couverture. Sous forme de photos légendées, l’actrice livre comme promis son « musée imaginaire ». On y découvre des choses aussi étonnantes voire décoiffantes que son admiration pour Louise Brooks, Kate Winslet, Isabelle Carré et Angelina Jolie, sa passion pour Harold Pinter et Joël Robuchon, son amour de Modigliani et du bassin d’Arcachon ! Que de découvertes...Plus étonnant encore Marion C. défend l’écologie via la protection de la forêt amazonienne et les droits de l’Homme via son soutien inconditionnel et courageux à Aung San Suu Kyi... Reconnaissons cependant que l’exercice imposé par le magazine n’est pas des plus faciles et qu’il conduit presque inévitablement à emprunter les sentiers battus et s’esbaubir devant les valeurs sures. Certes, mais qu’il nous soit permis de regretter ici que la notion de « musée imaginaire » n’ait pas été explorée plus avant avec celle qui, chacun s’en souvient, émit sur les attentats du 11 septembre quelques explications pour le moins délirantes. On se souvient par exemple que lesdits attentats auraient pu être selon Marion C. commandités par les propriétaires des immeubles désireux de s’éviter de gros travaux de rénovation… On en rigole encore un peu partout dans le monde, à l’exception notable de Jean-Marie Bigard séduit par tant de pertinence venant d’une femme…Alors voilà, puisqu’il était question d’imaginaire, on se dit que le magazine pouvait peut-être en deux mots revenir sur cette déclaration malheureuse qui a le gros désavantage de faire passer les plaidoyers écologistes et humanitaires pour de simples révérences au politiquement correct. Quelle valeur accorder à la phrase « Je suis effarée que l’on détruise notre oxygène sciemment » à propos de la forêt amazonienne ? Un jour effarée par un prétendu complot mondial, notre actrice est effarée le lendemain par un fait « scientifique »…Mais dans cette affaire et surtout dans ce silence, qui est le plus coupable ? L’actrice qui accepte de jouer au jeu des questions-réponses ou le journaliste qui fait semblant de croire qu’il ne peut ne pas jouer à : « Cotillard, 11 septembre, crédibilité », cherchez l’intrus ! » ? A moins, bien entendu, que l’actrice n’ait posé comme condition le silence absolu sur ce pan entier de son imaginaire fantasmatique... Mais auquel cas, le responsable est toujours le même, car le journaliste a la liberté de refuser les conditions ainsi posées. On ne saura jamais comment cet entretien a-t-il eu lieu et sous quelles éventuelles contraintes… En l’état, la passion de Marion C. pour la thèse du complot ne nous aura pas été proposée comme sujet de réflexion et c’est bien dommage…« Studio Ciné Live n°10 » est dans tous les kiosques.Ah ! ça ira !La phrase de la nuit« Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ;Et dites : c’est beaucoup, c’est l’ombre d’un rêve. »Jules Laforgue, « Stances »

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