Affiche Inherent Vice
Affiche Inherent Vice © Radio France

Dimanche 8 mars, un Masque spécial cinéma avec les derniers loups de la critique : Sophie Avon de Sud-Ouest , Michel Ciment de Positif, Alain Riou duNouvel Observateur et… du Vélo Cyclo club de Saint Mandé, Pierre Murat de Télérama réunis autour de Jérôme Garcin.

C’est Inhérent Vice, le nouveau film de Paul Thomas Anderson, à qui l'on doit ces très grands films, There will be blood, The Master, et Boogie nights,qui divise . Un film avec Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Katherine Waterston et Owen Wilson. Paul Thomas Anderson a choisi d’adapter un roman du mystérieux Thomas Pynchon qui se passe dans le Los Angeles hippie des années 70. Sportello, joué par Joaquin Phoenix, est un détective qui ne crache ni sur les joints, ni sur l’acide. Il enquête avec son meilleur ennemi, un flic, sur la disparition d’un milliardaire…

Jérôme Garcin :

C’est un polar que j’ai trouvé incroyablement hermétique , et d’une longueur parfois insoutenable

Pierre Murat :

Il y a des films où on ne comprend pas et ce n’est pas grave […] Là ce qui est génial, c’est qu’il reste fidèle au bouquin, grâce à une mise en scène méticuleuse qui a l’air baroque, et c’est absolument jouissif si on consent à se laisser porter. En plus, l’acteur Joaquin Phoenix est fantastique.

Et derrière ce désordre, perce un film très classique. Si on suit ce film déjanté on y est très très bien. Et il arrive très bien à rendre un temps où l’Amérique était complètement dans les vapes, on est stupéfié, c'est le cas de le dire !

Alain Riou :

J’ai trouvé ce film vraiment stupide, et d’une connerie .. . Son seul avantage est qu’il sert à révéler les gogos français. Ce qui était beau dans les romans de Chandler, c’est que c’était adulte. Les films qui en étaient tirés étaient aussi adultes. Là, on est dans la gaminerie absolument permanente. D’ailleurs ce n’est pas la première fois qu’Anderson tombe là-dedans, parce que c’est son péché mignon. Il n’y a pas une scène qui ne soit une rigolade à se chatouiller.C’est bête, incompréhensible, gamin et puéril.

Michel Ciment :

Quand Howard Hawks a adapté "Le grand sommeil", il a appelé Raymond Chandler, l’auteur du livre pour qu’il lui explique. Le romancier a dit : "je ne comprends pas mon propre roman. L’intrigue est secondaire par rapport aux scènes. Une bonne intrigue est une intrigue qui permet d’avoir des scènes formidables. Et là, c’est une succession de scènes incroyables fait par un très grand. En plus, c’est un film très parlé, fondé sur le dialogue. Il a l’audace de s’attaquer au roman de Pynchon, réputé inadaptable. Et comment il évoque ce rêve hippie et la mort de cette contre-culture […]. C’est un film à voir, mais attendez vous à ne pas tout comprendre. C’est un film sous fumette !

Sophie Avon :

Ce film est un vertige. Une vague qu’il faut prendre, et si on la prend, c’est jubilatoire ! C’est un film qui a de l’ampleur. C’est vrai que c’est un film sur un pays qui n’a pas tenu ses promesses, mais qui en plus a enfanté la période dans laquelle on est avec l’argent, le cynisme. Mais j’y ai surtout vu la complexité de notre rapport aux monde, à la réalité. À travers le regard de ce flic qui est dans un entre-deux : la réalité et sa paranoia liées aux joints qu'il fume.

►►► Écouter I L'intégralité de l'émission

►►► Aller + loin I Le talentueux Monsieur Pynchon

►►► Et aussi I L 'interview de Joaquin Phoenix dans On aura tout vu par Christine Masson et Laurent Delmas.

inherent vice - Joaquin Phoenix
inherent vice - Joaquin Phoenix © WarnerBros - Inherent Vice

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