Si la première partie du film a enchanté la plupart des critiques ciné du "Masque & la Plume", passées les vingt premières minutes, le reste n'a pas convaincu...

Scène de "Climax", dernier film de Gaspar Noé (sortie le 19 septembre 2018) avec notamment Sofia Boutella et Kiddy Smile !
Scène de "Climax", dernier film de Gaspar Noé (sortie le 19 septembre 2018) avec notamment Sofia Boutella et Kiddy Smile ! © Wild Bunch Distribution

Le résumé du film de Gaspar Noé, par Jérôme Garcin

Le film, interdit aux moins de 16 ans, de l’insaisissable et imprévisible réalisateur de Love, Gaspar Noé, qui était présenté à la Quinzaine des réalisateurs, avec Sofia Boutella, et surtout des amateurs, dont Romain Guillermic et Souheila Yacoub. 

Avant de s’envoler pour les États-Unis, et après avoir répété dans un lieu improbable en plan-séquence et en bordure de forêt, un groupe de danseurs urbains s’offre une petite fête pour décompresser. Mais il n’y a pas que des oranges dans la sangria. Il y a aussi de l’acide. Et la fête va tourner à la transe psychédélique et au film d’horreur, rythmé par des cartons fluo où on peut lire des slogans comme « Vivre est une impossibilité collective » ou « Mourir est une expérience extraordinaire ». 

Kiddy Smile et Sofia Boutella, sur le tournage de "Climax" de Gaspar Noé (sortie le 19 septembre 2018)
Kiddy Smile et Sofia Boutella, sur le tournage de "Climax" de Gaspar Noé (sortie le 19 septembre 2018) / Wild Bunch Distribution

Jean-Marc Lalanne n'a aimé que les vingt premières minutes du film...

JML : Je n’aime que les vingt premières minutes du film. Elles reposent sur la grâce des interprètes ; il y a deux scènes de street dance très impressionnantes.

Puis le film annihile leurs caractères d’exception pour les attirer dans ses rêves fantasmatiques, qu’on commence à connaître car il s’agit pratiquement toujours de refaire un tableau de Jérôme Bosch.

Il n’y a pas les moyens formalistes de la transe qu’ils vivent. C’est très répétitif formellement et pas très impressionnant.

Et il y a un fond de puritanisme car il filme toujours un châtiment, un basculement dans l’EnferIl aurait pu filmer des corps glorieux dans une sorte d’hédonisme… Mais non, il y a une punition et une bascule dans l’horreur avec un gimmick scénaristique très faible : qui a mis des acides dans la sangria ? Tout ça pour quelque chose d’horrifique qui me semble totalement factice.

Scène de transe et d'orgie dans "Climax" de Gaspar Noé (sortie le 19 septembre 2018)
Scène de transe et d'orgie dans "Climax" de Gaspar Noé (sortie le 19 septembre 2018) / Wild Bunch Distribution

Danièle Heymann dénoncent également un basculement dans l'Enfer sans intérêt...

DH : Sacré Gaspar… Pour beaucoup de gens, ne pas se pâmer devant Gaspar Noé, c’est être ringard. Il dit lui-même « Vivre est une impossibilité collective », et bien pour moi se pâmer devant Gaspar Noé est une « impossibilité personnelle »

Il y a effectivement deux films : le premier, avec l’audition des danseurs est formidable, le plan-séquence de danse est extraordinaire, c’est un appétit de cinéma, une énergie créative…

Puis on balance dans l’Enfer et cet enfer est d’un ennui… On donne des coups de pieds dans les ventres des femmes enceintes… Ça devient débile et n’a plus aucun intérêt.

La césure totale entre les deux parties m’a abasourdie.

Sofia Boutella, sur le tournage de "Climax" de Gaspar Noé (sortie le 19 septembre 2018)
Sofia Boutella, sur le tournage de "Climax" de Gaspar Noé (sortie le 19 septembre 2018) / Wild Bunch Distribution

Michel Ciment a trouvé le film absolument insupportable !

MC : Moi j’ai vu un clip de pop, orgiaque, pendant une heure et demi.

Gaspar Noé est toujours à Cannes, il a réussi à devenir une sorte d’incontournable que personne ne peut écarter. C'est quelqu'un qui ne cesse pas de cultiver sa différence, mais à force son cinéma ne parle plus qu’à lui-même.

J’ai trouvé le film insupportable.

Nicolas Schaller rejoint l'incompréhension de ses camarades...

NS : J’ai été un défenseur de Gaspar Noé à ses débats car il apportait une force dérangeante, “trippante” et émouvante dans son cinéma mais il pousse le vice jusqu’à prendre sa carrière à l’envers. Il a commencé avec ses meilleurs films et, au lieu de mûrir, il ne fait que régresser.

Il met à plat tout son système et il ne reste plus que la puérilité et la vacuité d’une provocation gratuite et complètement stérile.

Ce n'est pas drôle, ce n'est pas dérangeant non plus, c'est juste épuisant et embarrassant.

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7 min

"Climax" de Gaspar Noé - Les critiques du Masque et la Plume

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