A s’arracher les cheveux. La non parution des quotidiens nationaux aujourd’hui prive « Irène » d’articles aussi précieux qu’élogieux, sans compter notamment un portrait pleine page dans « Le Monde » et un grand entretien dans « Le Figaro ». Une moisson de « papiers » qui prouvait le soutien de la critique au nouveau film de Cavalier. Un soutien unanime : ce n’est pas tous les mercredis que les quotidiens chantent les louanges d’un film à l’unisson.A se rouler par terre de dépit. Comment faire sans ces articles qui auraient forcément donné envie à des spectateurs ? Comment compenser ces critiques et ces propos qui tous mais chacun à leur manière mettent en avant l’incroyable émotion qui se dégage du travail d’Alain Cavalier filmeur de lui-même et par extension de nous ?A pleurer devant un kiosque vide de journaux du jour. La seule fragilité d’ « Irène » est là : sa vulnérabilité d’objet artistique non identifiable qui nécessite un accompagnement, un accouchement via des médiateurs et des passeurs bénévoles, une mise en avant par des prescripteurs écoutés. Et voilà qu’une grève (légitime ou non, peu importe dans le cas présent…) vient briser net ce mouvement. Au lieu d’une chorale entêtante, le silence absolu. Et le sol qui se dérobe sous les pas de celles et ceux qui, Alain Cavalier en tête, se réjouissaient de cette presse prometteuse et amoureuse.A maudire les hasards du calendrier. « Irène » ne mérite pas ce sort contraire, cette mort en douce, ce naufrage silencieux. « Irène » mérite des spectateurs qu’il rendra pour la plupart heureux et touchés au plus profond. « Irène » qui raconte une morte ne doit pas devenir un film mort-né. Il est depuis ce matin présent dans 30 salles en France. Le système de distribution des films implique une forte réactivité du public, presque une mobilisation. C’est maintenant, aujourd’hui même qu’il faut aller voir « Irène ». Sans tarder ! Sans rechigner ! Sans remettre au lendemain etc ! Avec la certitude de voir une belle œuvre de cinéma tout simplement. Ce qui, somme toute, n’est pas si fréquent.Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« Les beaux objets donnent de douces tentations. » Antoine Furetière, « Dictionnaire universel »

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