Vingt-et-un an après « Sous le soleil de Satan », la Palme d’Or revient à un film français. Cocoricouac ? Depuis hier, la Croisette n’arrêtait pas de parler du film de Laurent Cantet, « Entre les murs ». J’ai pris tout cela pour de la méthode Coué. Mal m’en a pris ! Cette Palme-là me laisse un goût amer dans la bouche, pourquoi le cacher ? Et, soit dit en passant, l’histoire cannoise de ce film a singulièrement commencé. Pour mémoire, il ne figurait pas dans la première sélection annoncée lors de la traditionnelle conférence de presse. Son intégration in extremis fut divulguée via un simple communiqué, une longue dizaine de jours plus tard. Il se trouva alors de bien mauvaises langues pour s’étonner du procédé. Certains allèrent jusqu’à parler d’un second choix, c’est à dire d’un choix par défaut. Autrement dit, et pour parler clair, le film de Laurent Cantet a été refusé une première fois puis repêché, c’est dire si sa sélection n’allait pas de soi. Par avance, je savoure le moment où, dans une trentaine d’années environ ( !) nous pourrons lire dans les mémoires du délégué général Thierry Frémeaux l’histoire de ce ténébreux pataquès. Pour ma part, je n’incrimine personne car, Palme d’or ou pas, « Entre les murs » n’est décidément pas un grand film qui marquera l’histoire du cinématographe. Pour n’en rester qu’à la sélection française, et le film de Desplechin et le film de Garrel m’apparaissent d’un tout autre niveau. Soit de véritables propositions de cinéma. On prend éventuellement du plaisir au film de Cantet, mais de là à dire qu’il est touché par la grâce, c’est une autre histoire. Plus je repense à « Entre les murs », plus je le trouve contestable à bien des égards, tellement dans l’air du temps et si loin des beautés fulgurantes, universelles et bouleversantes offertes à nous cette année par Jia Zhangke, Mendoza, Garrone, Dardenne (s !), Depardon, Forman, Soderbergh, Escalante, Desplechin, Ceylan, Garrel et d’autres encore.... Vivement sa sortie dans les salles à la rentrée prochaîne pour que le débat renaisse, plus sereinement qu’ici à Cannes où les engouements fulgurants tout comme les anathèmes fracassants sont la règle.Et « Valse avec Bachir » ? C’est l’incroyable, le scandaleux, l’incompréhensible absent d’un palmarès que le président Penn nous avait pourtant annoncé politique dès le premier jour. Le soixantième-et-unième Festival de Cannes aura vu la naissance d’un objet filmique inédit (un long métrage documentaire d’animation) et aucune récompense (pas même l’adéquat Prix de l’Education nationale) ne lui aura été attribué. De quoi en perdre son latin vraiment. Décidément un drôle de palmarès…Pendant ce temps, les Ch’tis regardent tout cela de Bergues et de haut. Sans palme. Mais avec de l’or !

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