Star Wars, Harry Potter, The Avengers,… les grandes sagas cinématographiques ont désormais droit à des expositions mondiales.

James Bond, On ne vit que deux fois, Sean Connery et Tetsuro Tamba (1968)
James Bond, On ne vit que deux fois, Sean Connery et Tetsuro Tamba (1968) © corbis

Chacune transporte comme dans une procession religieuse les décors, les costumes et les objets cultes que nous avons pu admirer sur grand écran. Ces artefacts sont la preuve de l’incarnation des héros de celluloid ou numérique. C'est également l’occasion de rendre hommage au travail de tous ceux qui n’apparaissent qu’en milieu de générique quand tout le monde, ou presque, a quitté la salle obscure.

Ainsi la Grande Halle de la Villette à Paris accueille du 16 avril au 4 septembre les reliques des aventures du célèbre agent de sa Majesté, imaginé par Ian Flemming : James Bond . Mis en oeuvre par EON productions et le centre culturel de Londres, Barbican , elle retrace en 11 tableaux cinquante ans de glamour et d'aventures. Une exposition s'était déjà tenue à Paris à la fin des années 90, il ne fallait pas rater cet anniversaire.

L'interview de Laurent Perriot, porte-parole de l'exposition par Corinne Pelissier

Il y avait le flegme anglais de Sean Connery, puis Roger Moore est arrivé avec ce côté un peu boy scout qui assurait la continuité du succés dans les années 70 et 80... Et enfin Daniel Craig qui a su complétement ré-inventer le personnage.

James Bond, l'exposition
James Bond, l'exposition © Eon Productions / the Barbican

S'il est bien un héros qui traverse les époques depuis les années 60, c’est bien James Bond. Gardien d’un empire britannique qui n’est que l’ombre de lui-même, il est le porteur de valeurs sûres et rassurantes jusque dans ses boutons de manchettes. Tel Lancelot ou Perceval défendant les remparts de Camelot, Bond s’inscrit parfaitement dans la lignée des héros mythiques et universels. Cette extraordinaire longévité est due à une adaptation permanente du récit à son époque, six acteurs charismatiques pour l'interpréter et des petites mains pour donner vie à son univers. Ses producteurs, Albert Romolo Broccoli et Harry Saltzman avaient bien saisi la démesure nécessaire de l'univers de James Bond avec les bons conseils de Fleming : endroits paradisiaques, filles sexy et méchants hors normes mais bien ancrés dans la réalité géopolitique de leur temps.

M (Judi Dench) dans Goldeneye , 1995

Mr Bond, je pense que vous êtes un dinosaure sexiste et misogyne, une relique de la Guerre Froide

Aston Martin DB10, film "Spectre" à l'exposition James Bond
Aston Martin DB10, film "Spectre" à l'exposition James Bond © Sipa / François Mori

Que ce soit dans les codes mis en place par les scènes d'ouvertures, les thèmes musicaux, les décors, les gadgets, les scènes d'actions, tout est créé pour que vous sachiez que vous regardez bien un James Bond. Toutes ces années, la franchise championne en placement de produits vous a même offert la possibilité d’être un peu James Bond au quotidien : sa montre, ses costumes, ses cartes de jeu, et pour les plus fortunés ses champagnes et ses voitures...

Cette exposition ravira les fans, et pourra aussi intéresser les non-initiés. Et nous pourrions décliner la liste des objets présents dans un inventaire à la Prévert : des affiches, un pistolet d'or, des génériques d'ouverture signé Maurice Binder , des croquis de décors deSir Ken Adam , la musique de Monty Norman et John Barry , des costumes originaux ou recrées de Beatrice Dawson , les effets personnels de l'agent secret, les malettes à malice de Q , les véhicules, ... Vous pourrez aussi, entre autre, déambuler dansla section Q , le bureau de M ou encore dans le casino du Montenegro autour de la table qui vit s’affronter Bond etle Chiffre .

Ici, vous pourrez comprendre pourquoi les processus de création des costumes et de décors ont toujours fait la patte d’un Bond réussi. Pour l'anecdote, à la sortie de Goldfinger , des spectacteurs américains s’étaient émus auprès du gouvernement qu’une équipe de cinéma ait pu filmer l’interieur de la réserve fédérale américaine Fort Knox

Pierce Brosnan

Quand je m’habille, mon costume devient mon armure

Si l'exposition peut vous confirmer que c'est bien l'homme qui fait le costume, et que parfois la magie du cinéma est bougrement efficace, elle rappelle que Bond reste un guerrier moderne : point d’armure mais un costume sur mesure de chezAnthony Sinclair ou Brioni , uneAston Martin en guise de cheval et Walter PPK en lieu et place d’une épée. Quant à la veuve, ne croyez pas qu'elle n'est bonne qu'à porter le bikini ou des robes de soirées.

Salle Casino, Exposition James Bond
Salle Casino, Exposition James Bond © Sipa / François Mori

Si une chose saute aux yeux au fil de cette exposition, c'est que les premiers Bond sentaient la transgression. Si James est bien le représentant de l’archétype masculin que l’on se fait de cette époque, les femmes elles, sont avant-gardistes, indépendantes, sexy, elles jouent, fument et boivent. Certes, elles ne sont pas vraiment l’alter ego de James. Mais c'est une femme qui lui tient tête dès l'ouverture de Dr No . Sylvia Trench renvoie la balle comme Pussy Galore dans Goldfinger, qui assume sa sexualité et ses vêtements androgines. Les femmes de Bond sont toujours plus ou moins fortes, mais le regard du spectateurs ne s’en émeut plus. Eva Green et Léa Seydoux sont bien à la hauteur de leur prédécesseures. Et finalement, on en arrive à la conclusion que c’est peut être James qui a le plus changé. Plus sensible, sans cigarette mais toujours sans filtre avec les méchants, qu’il traite comme sa vodka Martini, au shaker, pas à cuillère.

L'exposition en quelques images

Allez plus loin

Le site de l'exposition

Le spectre de James Bond

James Bond encore

1963, James Bond vu par France Inter

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