L’acteur français, disparu ce 6 septembre, avait le don d’être bien habillé dans ses films. Jean-Paul Belmondo portait avec classe des chapeaux et des vestes en cuir, un homme toujours raccord avec l’époque.

Jean-Paul Belmondo, au côté d'Alain Delon dans Borsalino.
Jean-Paul Belmondo, au côté d'Alain Delon dans Borsalino. © AFP / Adel Productions / Paramount Pic

Bébel avait une gouaille, du charme et surtout beaucoup de style. Le col roulé, la veste en cuir, le costard, certains de ses costumes portés à l’écran ont marqué des films, tout autant que des dialogues. Celui qui a commencé sur les planches de théâtre s’est fait connaître au cinéma, avec un chef d’œuvre, À bout de souffle de Jean-Luc Godard. Pour le magazine Esquire, "Jean-Paul Belmondo Was the Coolest Man in the World", l’acteur était l’homme le plus cool du monde, grâce à ce film. D’après Vanity Fair, qui a consacré un article au style vestimentaire de l’acteur dans le long-métrage, le réalisateur Jean-Luc Godard a laissé Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg s’habiller comme ils le souhaitaient. "La garde-robe du film a fait découvrir au public américain cette nonchalance française, une sorte de look beatnik-bourgeois" écrit Vanity Fair. Une garde-robe "brillamment gauloise" comme le qualifie le magazine GQ.

Jean-Paul Belmondo dans A Bout de Souffle.
Jean-Paul Belmondo dans A Bout de Souffle. / Productions Georges de Beaureg / Collection ChristopheL

Si vous regardez À bout de souffle, on arrive à ressentir son émotion et son caractère juste avec sa façon de se tenir, car il est habillé d’une certaine manière, très décontractée pour cette époque

explique Pascal Mourier, professeur de mode à Lyon et à Paris, chroniqueur pour France 24. "On jette aux orties un certain nombre de carcans, c’est absolument fantastique !"

Jean-Paul Belmondo dans La Casse.
Jean-Paul Belmondo dans La Casse. / *

"On peut suivre 60 ans de mode et de cinéma"

Les vêtements portés par Jean-Paul Belmondo reviennent dans certaines garde-robes : la veste pied de poule, le tee-shirt blanc immaculé, la chemise blanche sous un pull en laine. "C'est une source d'inspiration" reconnaît Jérôme Olivier, auteur sur le site de conseils en mode masculine Bonne Gueule. Il a regardé récemment des films avec Jean-Paul Belmondo, notamment ceux des années 60. Il retient particulièrement "le combo blazer-col roulé qu'il affiche dans Une Femme est une Femme de Jean-Luc Godard ou La Sirène du Mississipi de François Truffaut et le pantalon blanc de Pierrot le Fou". Jérôme apprécie également le trench porté dans Le Doulos et "ses blousons en cuir de sa période cascadeur". Un film l’a marqué, L'homme de Rio : "Il y a beaucoup de bleu à l’image, et notamment sa chemise avec poches à rabat, qu’il porte avec un pantalon tailleur. Il y a un côté utilitaire." 

Jean-Paul Belmondo dans L'homme de Rio.
Jean-Paul Belmondo dans L'homme de Rio. / Collection ChristopheL

Jean-Paul Belmondo et ses costumes sont indissociables. "On peut suivre 60 ans de mode et de cinéma" souligne Pascal Mourier. "Dès qu’on le voit apparaitre à l’écran, on sait dans quel monde on vit, dans quel monde on est."

Le Borsalino, un chapeau devenu symbole

Il avait une "tête à chapeaux", si toutefois on peut en avoir une. Ces dernières années, il apparaissait avec une casquette gavroche, comme celle qu’il portait dans À bout de souffle. Il recouvrait également sa tête d’un béret, d’un chapeau panama ou d’un Borsalino. C’est un chapeau iconique porté par Humphrey Bogart dans Casablanca, par Marcello Mastroianni mais aussi Franck Sinatra. Il donnera son nom au film avec Alain Delon et Jean-Paul Belmondo en 1970.  Les deux monstres sacrés du cinéma portent un costume trois pièces en tweed. "Le borsalino au cinéma est bien plus qu’un couvre-chef : c’est une signature, une façon d’être" affirmait son créateur, le styliste italien Giuseppe Borsalino.

Jean-Paul Belmondo, dans Borsalino.
Jean-Paul Belmondo, dans Borsalino. / La collection ChristopheL