On a découvert le réalisateur chinois à Cannes en 2002 avec "Plaisirs inconnus". Depuis, Jia Zhang-Ke a régulièrement fait partie de la sélection officielle. "Les éternels" est son 6ème film en compétition.

Jia Zhang-Ke
Jia Zhang-Ke © AFP / Xstream Pictures / Archives du 7eme Art / Photo12

Jia Zhangke fait partie de ce qu'on appelle la sixième génération des réalisateurs chinois, très ancrés dans la réalité et sans complaisance pour l'évolution économique et sociale de la Chine. Il mêle souvent documentaire et fiction, et tourne avec des acteurs amateurs. Les films de Jia Zhangke sont régulièrement interdits par la censure de son pays et encensés ailleurs.

Cette année, Jia Zhangke nous propose Les éternels, ce qui semble être un Roméo et Juliette au cœur de la pègre chinoise, où Qiao et Bin se croisent et se perdent au sein de la ville de Datong, ville de la province du Shanxi en Chine. Bin y est un petit chef de la pègre, Qiao une jeune femme amoureuse et prête à tout pour protéger celui qu'elle aime. Bin est attaqué par une bande rivale de la sienne, Qiao s'interpose et n'hésite pas à sortir une arme, elle écopera pour ce geste de plusieurs années de prison. Après sa sortie, Qiao et Bin ne cesseront de se croiser, de se repousser et de s'aimer au gré des mouvements de leur cœur et de la pègre, dans laquelle Qiao évolue toujours. 

Un cinéaste marqué par l'histoire de son pays

Observateur attentif des évolutions politiques de son pays, Jia Zhangke a eu une enfance marqué par le rejet, car venant d'une famille classée par le Parti communiste, à l'époque, comme des "propriétaires fonciers". Pour cette raison, son père n'a pas pu aller à l’université et l'un de ses oncles a été emprisonné durant huit ans car considéré comme contre-révolutionnaire. Marqué par le massacre de la place Tiananmen, il fonde son cinéma sur cet événement et sur d'autres traumatismes vécus à cette époque, comme la mort d'un de ses camarades, fusillé pour vol à l'étalage.

Comme le disait le journaliste Philippe Grangereau de Libération lors de l'interview de Jia Zhangke en 2013, "Voir un de vos films, c’est parfois comme lire un roman d’Emile Zola". Jacques Mandelbaum quant à lui, prend le parti dans Le Monde en 2015, de comparer le réalisateur à Honoré de Balzac. Vous savez maintenant à quoi vous attendre en allant voir Les éternels

Un familier des festivals et des compétitions

D'abord à la Mostra de Venise, où il reçoit un Lion d'or en 2006, pour Still Life, présenté comme un documentaire et unanimement honoré par le jury présidé par Catherine Deneuve ainsi que Dong, documentaire sur le peintre Liu Xiaodong, il présidera le jury des court-métrages et de la Cinéfondation en 2007 au 60ème Festival de Cannes. Il fut en 2014, membre du jury de la sélection officielle, alors que le jury est présidé par la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion. 

Il a été récompensé par le Prix du scénario en 2013 pour A touch of sin. Il revient en 2015, pour présenter son film Au-delà des montagnes mêlant histoire d'amour et portrait de la Chine contemporaine depuis les années quatre-vint-dix et jusque les années 2020. 

► (RÉ)ÉCOUTER | On aura tout vu par Christine Masson et Laurent Delmas avec Jia Zhangke 

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