Dans le billet du 4 juin dernier, je vous parlais de l’interdiction aux moins de 18 ans qui pèse sur le film de Pascal Laugier, « Martyrs ». Une interdiction pour des raisons morales qui équivaudrait dans les faits à une censure économique et à la « mort » du film. Madame Albanel devait se prononcer sur l’avis de la Commission dite de classification favorable majoritairement à ladite interdiction. Or, le jeu de la patate chaude se poursuit puisque la Ministre vient de demander à la Commission de revoir éventuellement sa copie, au cas peut-être où l’un de ses membres aurait roupillé pendant la séance de visionnage ! Ce petit jeu devient ridicule et dépasse désormais le film lui-même. De deux choses l’une : ou bien la Commission se déjuge, modifie son vote et perd de facto son « autorité », ou bien elle se cabre, maintient sa position et liquide un film. Pour ne pas en arriver là, Madame Albanel devait prendre, seule, cette fois, ses responsabilités, sans froisser pour autant la Commission qui est, quoi qu’il en soit, consultative. Elle a préféré jouer la montre et c’est dommage. En acceptant de recevoir lundi dernier au Ministère de la Culture le cinéaste Pascal Laugier (ce que n’avait pas fait la Commission et on peut s’en étonner), elle avait montré sa volonté d’ouverture. En choisissant aujourd’hui de ne pas… choisir, elle ne peut que décevoir.La phrase du jour ? « Tu iras en voyage de noces en Italie, le change nous est favorable », un père à sa fille dans le chef d’œuvre au noir de Christian-Jaque, « Un revenant » avec Louis Jouvet sur des dialogues du divin Jeanson.

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