Encore 15 jours à tenir… On l’aurait pas lancé un peu trop tôt ce blog ? « J’me la pète sur la Croisette » oui, mais on est loin d’y être. Un jour, je vous dirai qui a trouvé ce titre, je balancerai, histoire de ne pas passer pour un type qui la ramène. Evidemment que ce titre n’est pas de moi : les deux coupables savent de qui je parle. Seulement voilà, maintenant c’est fait : il va falloir tenir la promesse et se la péter, voire même se la péter grave tant qu’à faire. Vous me direz à Cannes, c’est le contraire qui passerait pour un exploit : « Chui « diet » sur la Croisette » ou « C’est moi Cosette sur la Croisette » ou bien encore « Pas de prise de tête sur la Croisette ». Mais là, franchement , c’est mission impossible. Cannes, du 15 mai au 25 mai prochain, c’est le pays enchanté où le café (sans verre d’eau) est à 6 euros, grimace comprise, où la moindre chambre d’hôtel avec vue et oreilles sur la voie rapide est à 150 €, où la salade niçoise (c’est une façon de parler, vu ce que vous avez réellement dans l’assiette) vous allège doublement : de 30 € d’une part, de toute envie d’en remanger de l’autre. Attention, je dérape, tendance Caliméro. Refermez vos mouchoirs, je ne recommencerai plus. C’est promis, je n’essayerai pas de vous attendrir en vous faisant croire que ce festival est un enfer. Vous rêvez d’y être et vous avez bien raison. Simplement, il y a à Cannes deux catégories de festivaliers : ceux qui boivent du champagne et ceux qui voient des films. Certains petits marioles essayeront de vous faire croire qu’ils font les deux. Or, c’est humainement impossible. Les premiers commencent tout juste à s’humecter les lèvres quand les seconds s’effondrent sur leur lit après le cinquième film de la journée qui aura forcément été une œuvre contemplative et intimiste norvégienne d’une durée de 02heures et 56 minutes. Ceux qui voient des films pensent boire du champagne, alors même qu’au-delà du deuxième verre, ils partent en vrille et confondent Jean Dujardin et Florian Henckel von Donnersmarck. Ceux qui boivent du champagne croient qu’ils ont vu un film pendant la semaine parce qu’ils ont regardé sur le stand d’un grand de la téléphonie mobile la bande annonce du prochain James Bond sur l’écran d’une montre portée au poignet par une démonstratrice lascive et forcément plus cinéphile qu’eux. Même la cérémonie de clôture ne saurait faire se rencontrer ces deux catégories d’êtres humains que tout sépare profondément : ce soir-là, ceux qui voient des films prennent enfin une vraie cuite au champagne en criant « Le travelling de "Kapo" ? je m’en tamponne le coquillard » et ceux qui boivent du champagne cessent de porter des toasts en restant interloqués : « Mais c’est quoi cette Palme de merde que personne n’a vu, surtout moi ? » Au même moment, les habitants de Bergues ne parlent toujours pas le ch’ti.

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