Le nouveau film de Pedro Almodovar, sur les écrans le 18 mai.

Un film de Pedro Almodovar avec Emma Suárez, Adriana Ugarte,Daniel Grao, Inma Cuesta, Michelle Jenner , Darío Grandinetti, Rossy de Palma

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours. Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

"Presque tous mes films gagnent à être vus une deuxième fois. Bien sûr, on appréciera Julieta davantage une fois qu’on l’aura vu et qu’on connaîtra l’histoire du personnage. On ne connaît pas les gens et on ne profite pas assez de leur compagnie la première fois qu’on les voit. Pour Julieta, c’est pareil. "

Eva Bettan a vu le film

Almodovar s'inspire ici de nouvelles d'Alice Munro."Le recueil de nouvelles Fugitives figurait déjà parmi les accessoires de La piel que habito . Sur le plateau, que la geôlière Marisa Paredes (Marilia) apportait à la captive Elena Anaya (Vicente/Vera), était posé, en plus du petit-déjeuner, un exemplaire du livre d’Alice Munro.J’en avais déjà commencé l’adaptation. J’avais remplacé Vancouver par New York parce que je me sens plus proche des États-Unis que du Canada. Dans les deux pays, les rapports familiaux sont vécus de façon similaire. Les jeunes quittent très tôt le foyer parental, quand ils entrent à l’université, et beaucoup d’entre eux s’éloignent de leurs familles ; l’indépendance est à la fois émotionnelle et géographique. En Espagne, les relations familiales ne se brisent jamais, le cordon ombilical qui nous unit à nos parents et nos grands-parents résiste au passage du temps.J’ai travaillé à un premier jet en espagnol en essayant de m’approprier les trois nouvelles et en cheminant avec toute la liberté qu’implique l’écriture d’un scénario, bien que ce soit une adaptation. Finalement, l’incertitude m’a envahi, je n’étais plus très sûr du scénario ni de ma capacité à diriger en anglais. J’ai eu peur de changer de langue, de culture et de géographie. J’ai donc mis de côté ce brouillon, sans savoir ce que j’allais en faire, alors que j’avais déjà acquis les droits des nouvelles de Munro.J’ai remis le nez dans mon brouillon il y a deux ans. Je ne m’attendais pas à ce qu’il me plaise autant et j’ai essayé de transposer l’histoire en Espagne. Au fur et à mesure que la version espagnole avançait, je m’éloignais d’Alice Munro, je devais voler de mes propres ailes. Ses nouvelles restent à l’origine de Julieta, mais si déjà il est difficile de transposer le style de l’écrivaine canadienne dans cette discipline quasiment opposée à la littérature qu’est le cinéma, faire passer cette histoire pour une histoire espagnole relève de l’impossible. Les admirateurs d’Alice Munro verront dans ma Julieta un hommage à la nouvelliste canadienne ."

Adriana Ugarte et Pedro Almodóvar
Adriana Ugarte et Pedro Almodóvar © El Deseo - Manolo Pavón

Almodovar à Cannes

Julieta n'est que le 3ème film du réalisateur à faire partie de la sélection officielle après Tout sur ma mère (1999), Volver (2006) et jusque là, il a été récompensé à chaque fois. Prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère et prix du scénario pour Volver.Pedro Almodovar a été membre du jury en 1992. Présidé par Gérard Depardieu, le jury avait récompensé Les Meilleures Intentions de Bille August (Palme d'or), Retour à Howards End de James Ivory (Prix du 45e Anniversaire du Festival), Robert Altman pour The Player (Prix de la mise en scène)

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